« Je veux passer en Angleterre »

Olivier Aballain

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Les réfugiés ne sont pas attachés au lieu et ne sont pas là « pour faire du tourisme ».
Les réfugiés ne sont pas attachés au lieu et ne sont pas là « pour faire du tourisme ». — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

L'attente après l'annonce. En prévoyant mercredi soir une fermeture de la « jungle » de Calais « d'ici la fin de semaine prochaine », Eric Besson a fait du camp de réfugiés un no man's land en souffrance. Le camp, improvisé dans un bois à un jet de godasse du port de Calais, abrite encore entre 250 et 350 migrants en attente de passage vers l'Angleterre. Il pourrait être évacué à partir de lundi, fin du ramadan 2009.

Afghans, Irakiens ou Kurdes, plus rarement Somaliens, Soudanais : tous sont là en transit. Aucun n'est attaché au lieu. « On n'est pas là pour faire du tourisme », rappelle Ahmad, un Afghan arrivé il y a une dizaine de jours. Son camarade Sedagul n'est pas non plus attaché à l'endroit. « Que je dorme ici ou que je dorme ailleurs, je m'en fous : ce que je veux c'est passer en Angleterre. » Au-dessus de leur tête, un hélicoptère passe et repasse. L'Etat surveille les lieux. Ils le savent. Le préfet Pierre de Bousquet de Florian veut « entamer la logistique des passeurs » en fermant le camp. Certains se plaignent même d'avoir été menacés ces derniers jours par un passeur inquiet.

Mais le préfet concède aussi vouloir régler un problème local. « L'agressivité vis-à-vis de la population de Calais s'est beaucoup renforcée. Nous avons tous les jours, des vols, des menaces, des agressions, la population n'en peut plus », a-t-il confié à l'AFP. La promesse de fermer la jungle a effectivement poussé les réfugiés à occuper de plus en plus de squats en ville, ce qui développe les conflits. Pas sûr que la fermeture effective enraye pour autant la tendance. W

O. A.