Les associations redoutent de devoir jouer les mouchards

Gabriel Thierry

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L'Uteq comptera une vingtaine d'hommes.
L'Uteq comptera une vingtaine d'hommes. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Il y a comme un hic avec la police. Annoncée depuis janvier, la nouvelle unité territoriale de quartier (Uteq) de Tourcoing, encore en formation, fait déjà parler d'elle. La vingtaine de policiers qui patrouilleront dans les quartiers de la Bourgogne, Pont-Neuville et Marlière n'est pourtant pas encore entrée dans le vif du sujet. Leur prise de fonctions est prévue pour la fin du mois. Pour l'instant, c'est « une période d'intégration », selon le maire (PS) de Tourcoing, Michel-François Delannoy. Intégration qui passait notamment par une réunion, le 26 août, avec des associations.

Or, la sauce n'a pas pris chez les assos, peu enthousiastes à l'idée de travailler avec cette unité, qui aurait aussi pour mission de faire du renseignement. « On a une déontologie, beaucoup d'associations sont tenues au secret professionnel », rappelle Yannick Kabuika, d'Objectif Emploi. Ça commence mal pour l'Uteq, alors que l'un de ses rôles est justement de « développer le lien de confiance avec la population ».

« On n'a pas tout saisi, s'inquiète Djamila Chiheb, de l'association Réagir, spécialisée dans les toxicomanies. C'est une police de proximité ou ils sont là pour faire du renseignement ? On ne veut pas rentrer dans ce jeu-là. »

Interloquée par les missions de l'Uteq, Djamila Chiheb se souvient surtout de la police de proximité version Jospin, « des policiers qui disaient bonjour et faisaient de la prévention ». « Il y a des différences, mais on n'est pas aux antipodes, précise Michel-François Delannoy. C'est de la présence, de la proximité, mais aussi de l'autorité. » Les habitants pourront se faire leur propre idée demain : le préfet vient présenter l'unité au centre social de la Bourgogne. W