L'auto-train ne sifflera plus à Seclin

Thierry Butzbach

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A la gare de Seclin, cette rampe d'accès aux trains n'aura bientôt plus d'utilité.
A la gare de Seclin, cette rampe d'accès aux trains n'aura bientôt plus d'utilité. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

Filer en TGV vers le Sud et récupérer sa voiture partie plus tôt ne sera bientôt plus possible. Les vingt-huit liaisons auto-train entre Seclin et Avignon-Fréjus-Narbonne, proposées durant l'été (jusqu'au 18 septembre), sont sur la sellette. Selon la direction régionale de la SNCF, cette ligne affiche un taux de remplissage de seulement 58 %. Surtout, elle pèse moins de 1 % du trafic global de l'auto-train en France, tout en générant 10 % de ses pertes, soit plus d'un million d'euros. D'où la volonté de cantonner ce service au départ de Paris dès l'an prochain.

En plein projet de loi sur la taxe carbone, la décision fait tache. « La disparition des services complémentaires est malheureusement chronique à la SNCF. L'alternative se réduit : c'est le TGV ou la route », regrette Dominique Plancke, président (Verts) de la commission Transport du conseil régional.

Manifestant hier devant la préfecture, les syndicats de cheminots ont aussi pointé du doigt les contradictions entre le discours gouvernemental sur le développement durable et la politique de l'entreprise publique. Le transport de passagers n'est pas le seul pénalisé par cette logique économique. Le ferro-routage aussi. « La SNCF rechigne à convoyer des wagons isolés, préférant les trains complets. Du coup, deux cents gares de chargement de camions ont été fermées en France », déplore Patrick Delfosse, secrétaire régional de la CGT Cheminots.

Selon les calculs de la CGT, un trajet vers Saint-Raphaël en auto-train est pourtant dix fois moins polluant qu'en voiture (19 kg de CO2 contre 204 kg), pour un coût sensiblement inférieur (869 euros contre 961 euros). Le syndicat demande donc à l'Etat de subventionner ce transport écologique. Et invite la SNCF à élargir la période de fonctionnement du service à Seclin, où le taux de remplissage serait, selon la CGT, de 80 % à l'aller. Mais comme beaucoup d'usagers reviennent après le 18 septembre, certains trains remontent à vide. W