Les Halles ont peur du vide

Olivier Aballain

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La rentrée est morose aux Halles de Wazemmes : cinq compartiments sont vides.
La rentrée est morose aux Halles de Wazemmes : cinq compartiments sont vides. — O. TOURON/ 20 MINUTES

Passage à vide. A la rentrée 2007, Pierre de Saintignon, premier adjoint (PS) de Martine Aubry, se félicitait du « succès économique des Halles de Wazemmes », rénovées trois ans plus tôt. Rentrée 2009 : cinq cellules sont vides, dont celle d'une institution, La Cave aux fromages, implantée là depuis 35 ans. « Ce départ, c'est une sonnette d'alarme », reconnaît Jacques Mutez (PRG), conseiller municipal délégué au Commerce.

La faute à la crise ? Pas seulement. L'élu réfléchit à une « formule plus efficace pour les Halles. Aujourd'hui sans droit au bail, l'occupation du domaine public est révocable à tout moment. Ça n'incite peut-être pas les commerçants à s'investir énormément ». Jacques Mutez remarque d'ailleurs que nombre d'échoppes sont tenues par des salariés. « Or, le patron peine à supporter un salaire lorsque les clients se font rares. Ce qui réduit les horaires d'ouverture. »

Un thème qui agace un peu Luc Vanpoperinghe, président de l'Union commerciale, qui réclame « du temps ». Lui rappelle que « l'an dernier certains commerçants des Halles ont encore connu des progressions à deux chiffres ». A l'appui de la démonstration, il cite la transmission « éclair » de l'étal des poissonniers boulonnais à un commerçant parisien. Et aux dernières nouvelles, deux candidats fromagers se sont déclarés pour remplacer la Cave aux fromages. « Mais le temps administratif, rappelle Luc Vanpoperinghe, les appels à la concurrence obligatoires, font que le remplacement d'une échoppe peut prendre six mois, voire plus. » W