Retour à l'emploi ou au pays ?

Vincent Vantighem

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Dans les agences du Nord, 20 % des papiers présentés seraient des faux.
Dans les agences du Nord, 20 % des papiers présentés seraient des faux. — E. DELPIERRE / 20 MINUTES

C'est ce qu'on pourrait appeler la « biqualification ». Six mois après la création de Pôle emploi, les ex-salariés de l'ANPE viennent de découvrir l'une de leurs nouvelles missions. Avant d'aider les demandeurs à retrouver un emploi, ils doivent vérifier leur identité. Et surtout l'authenticité des papiers qu'ils présentent. C'est une note interne de la direction régionale qui fait office de mode d'emploi. D'abord, scanner les passeports avec un lecteur optique. Et en cas de doute, prévenir la préfecture...

Si le but officiel de la manoeuvre est de lutter contre la fraude, les syndicats y voient surtout un moyen déguisé d'intensifier la chasse aux clandestins. Début juin, une centaine de lecteurs optiques ont été installés dans les bureaux à cet effet. « Moi, j'appelle ça des machines à UV, peste Sabine Landrevie, du syndicat FSU. On n'est pas des flics. Notre boulot, c'est d'aider au retour à l'emploi. » Pas au retour au pays. D'autant que la note interne de la direction précise que ces vérifications doivent être effectuées le plus discrètement possible.

« C'est une procédure classique, défend Hervé Devaux, directeur de la qualité client à Pôle emploi. Une enquête dans les agences du Nord a montré que 20 % des papiers présentés étaient des faux. Depuis janvier, cela représente un préjudice de 154 000 euros... » Une mauvaise excuse, pour Emmanuelle Lequien, représentante du syndicat des avocats de France qui s'est associée aux salariés. « Je veux bien croire qu'il y a des fraudes. Mais j'aimerais qu'on m'explique pourquoi il y a un membre du ministère de l'Immigration dans le conseil d'administration de Pôle emploi... » W