Vilain tour de « pass-pass » des organisateurs

Gilles Durand

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Coldplay, tête d'affiche du festival d'Arras,était hier sur la scène principale.
Coldplay, tête d'affiche du festival d'Arras,était hier sur la scène principale. — K. NIETFELD / EPA / SIPA

« Les festivals ne rapportent pas d'argent. » Aveu de France Leduc en réponse à un festivalier mécontent d'avoir payé plein pot (175 euros) son pass 4 jours pour le Main Square Festival, qui a commencé hier. La fondatrice et organisatrice du festival arrageois va même plus loin en affirmant qu'en tant qu'actionnaire à 24,5 % de FLP, sa boîte de production, « son métier lui coûte chaque année beaucoup d'argent ». Dans une lettre ouverte, elle avouait d'ailleurs que ses difficultés financières l'avaient contrainte à céder une partie de son capital à Live Nation, entreprise de spectacle qui gère aussi les tournées mondiales de Madonna ou des Rolling Stones.

Ce que coûte réellement un festival et ce qu'il rapporte est difficile à savoir, tant les organisateurs renâclent à parler gros sous. Une chose est sûre, c'est la première fois qu'un festival n'hésite pas à casser les prix à la manière des hards discounters. « Ça crée un précédent fâcheux », estime un organisateur de festival en Bretagne. Pour se justifier, France Leduc prend l'exemple des agences de voyage qui bradent les prix pour remplir les séjours.

Tout a commencé par une vente flash à - 40 % pendant trois jours à la Fnac. La valse des étiquettes s'est poursuivie dès le 13 juin avec de nouveaux tarifs environ 20 % moins chers. Pendant ce temps, la réduction de 40 % restait valable sur certains sites Internet. Elle était disponible hier encore, sur digitick.com. De quoi énerver les 10 000 festivaliers qui avaient cassé leur tirelire les premiers. Mais grâce à leur geste, France Leduc ne finira peut-être pas sur la paille en fin d'année. W