Fatoumata fait condamner l'état

Vincent Vantighem

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Des centaines de dossiers ontété déposées.
Des centaines de dossiers ontété déposées. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Avec son mari et ses enfants, elle vit actuellement dans trois chambres d'un foyer d'hébergement d'urgence. Plus pour très longtemps. Dans la région, Fatoumata Diallo est la première personne à avoir fait condamner l'Etat dans le cadre de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo). La décision du tribunal administratif de Lille a été rendue mardi. « Ça a au moins le mérite de prouver que le manque de logement est criant », a réagi Philippe Deltombe, président régional du DAL, l'association droit au logement.

Le cas de Fatoumata est en effet symbolique. Car, après avoir déposé un dossier, la commission Dalo lui avait bien obtenu un logement. « Mais quand il a été libéré, il a tout de suite été squatté, se défend la préfecture. Le délai de six mois a été dépassé... »

Et c'est justement à cause de ce délai que le tribunal administratif de Lille a condamné l'Etat. Chaque jour qui sépare Fatoumata et ses proches d'un toit, l'Etat devra donc verser 50 euros d'amende. Et Philippe Deltombe prévient déjà : « On a encore quelques dossiers sous le coude. » Pas étonnant, la préfecture assure n'avoir satisfait que 65 % des 526 demandes de logement jugées « urgentes et prioritaires ». W