Une marée frontiste sur Hénin-Beaumont

ELECTION Le séisme était attendu. Il s'est produit.

Olivier Aballain et Gabriel Thierry

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Steeve Briois (au centre), le 28 juin 2008, soir à la salle des fêtes de Hénin-Beaumont.
Steeve Briois (au centre), le 28 juin 2008, soir à la salle des fêtes de Hénin-Beaumont. — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Au premier tour des municipales de Hénin-Beaumont dimanche, la liste Front national menée par Steeve Briois et Marine Le Pen a récolté 39,3% des suffrages, contre seulement 20,2% et 17 % à ses deux poursuivants, Daniel Duquenne (DVG) et Pierre Ferrari (MJS-PS-PC-MoDem).

Pour le Front national, qui n'avait pu dépasser les 28,5% aux deux tours de mars 2008, la progression est importante. Mais pour la liste emmenée par Pierre Ferrari, la désillusion est claire: il ne reste plus grand-chose des 43% obtenus en 2008 sous la houlette de l'ancien maire Gérard Dalongeville, placé depuis en détention provisoire.

Dénoncer la gestion du maire

Pierre Ferrari, qui souhaitait «tourner une page» pour Hénin-Beaumont, a été partiellement entendu par les électeurs... Lesquels ont simplement préféré l'alternative Daniel Duquenne. Ancien directeur des services du prédécesseur de Gérard Dalongeville, Daniel Duquenne n'a eu de cesse de dénoncer la gestion du maire depuis plusieurs années. Il revendique à ce titre une opposition plus ancienne que son concurrent Pierre Ferrari, qui a quitté l'équipe municipale en septembre 2008 après avoir critiqué la gestion de la ville.

En mars 2008, Daniel Duquenne avait déjà récolté 18,6% des voix au premier tour. Mais s'il a amélioré son score, il n'a pas récolté plus de voix à cause de l'abstention... Le FN, lui, a progressé de 800 voix par rapport à 2008 (sur 3.600): cette base électorale que l'on disait «figée» a visiblement trouvé un second souffle dans les déboires de l'ancien maire, et les atermoiements du Parti socialiste, qui avait tardé à s'en désolidariser.