Les campeurs de No Border refusent l'escalade à Calais

Olivier Aballain

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Le camp No Border,à Calais, s'étend.
Le camp No Border,à Calais, s'étend. — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

La police fait monter la pression, les militants calment le jeu. Alors que le camp No Border grossit à Calais à l'approche de la manifestation de samedi, la sous-préfecture a dénombré dix-sept arrestations depuis le début de la semaine. Mais en gage de bonne volonté, les militants de No Border ont accepté, hier, de modifier le parcours de la manif pour « l'ouverture des frontières ».

Au départ du phare de Calais à 10 h, celle-ci devait ensuite se rendre au centre de rétention administrative de Coquelle, où des sans-papiers attendent leur expulsion du territoire. « La préfecture nous a demandé de passer ailleurs, nous avons cédé car le but est avant tout de mobiliser les Calaisiens, les migrants et le plus de personnes possible », explique Meriem, du collectif No Border.

Samedi, jusqu'à 2 000 personnes sont attendues par les autorités. Mais pour l'instant ils ne sont que 400 à 500 campeurs installés en marge du centre-ville, encadrés par 2 000 policiers. « Il ne se passe rien de spécial, mais les policiers s'agitent ces derniers temps, ils tournent un peu en rond », note Meriem.

Quatre personnes ont ainsi été arrêtées mercredi, selon la sous-préfecture de Calais « en possession de machettes, qui sont des armes de catégorie six » et de boules de pétanque. « Elles partaient en ville avec un fourgon de campeurs, explique Sam, une campeuse. Et dans le fourgon il y avait un jeu de boules, un pied de biche et des machettes pour couper du bois et élaguer, classique pour installer un camp. » Toutes les personnes interpellées ont été relâchées hier à l'issue de la garde à vue, même si la sous-préfecture assure qu'il y aura « des suites judiciaires ». Même traitement pour douze personnes arrêtées après s'être enchaînées mercredi matin aux grilles du centre de rétention de Lille-Lesquin. « Tout le monde est rentré au camp », assure Sam. W