Hauts-de-France : Le PDG de la SNCF reconnaît la mauvaise qualité du service de TER

TRANSPORTS Après la colère de Xavier Bertrand concernant les dysfonctionnements récurrents des trains régionaux, le patron de la SNCF a admis qu’il « comprenait son mécontentement » tout en déplorant l’arrêt du paiement de la redevance

Mikaël Libert
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Un TER en gare de Lille-Flandres (illustration).
Un TER en gare de Lille-Flandres (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Xavier Bertrand a déclaré qu’il en avait « marre » de se « faire enfumer » par la SNCF sur la qualité du service de TER dans les Hauts-de-France.
  • Le PDG de la SNCF a reconnu que le président de région avait « raison » et que la qualité de service « n’est pas bonne ».
  • Pour autant, il déplore l’arrêt du paiement des traites même s’il comprend qu’on lui « mette la pression ».

Jeudi dernier, pour la énième fois, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a ouvertement critiqué le service de TER lors d’une séance plénière du conseil régional. L’élu est entré dans une colère noire, s’estimant « enfumé » par le transporteur ferroviaire, lequel promettait des améliorations qui tardent à se concrétiser. Invité dans la matinale de Public Sénat, mardi, le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, n’a pu que se rendre à l’évidence et affirmer « comprendre » le mécontentement autour d’une « qualité de service qui n’est pas bonne ».

Les bisbilles entre les Hauts-de-France et la SNCF constituent un feuilleton qui comptera bientôt davantage d’épisodes que la série Dallas. Mais jeudi, l’intrigue a franchi un cap, lorsque en pleine séance du conseil régional, Xavier Bertrand a évoqué un courrier reçu par le directeur régional de la SNCF menaçant d’appliquer des pénalités en cas de non-respect de l’échéancier de paiement avant le 30 juin. Pour rappel, la région avait décidé de suspendre le versement de la rente au transporteur tant que les dysfonctionnements du réseau TER ne seraient pas réglés.

« C’est une honte, faut pas manquer de culot »

« Je vous le dis, je ne reprendrai pas les paiements au nom de la région. Parce le jour où ce monsieur a eu le toupet d’écrire ce courrier, il n’était certainement pas sur les quais des gares », s’emporte Xavier Bertrand. Ce jour-là, le 20 juin, « 126 suppressions de trains, un taux de régularité de 86 % là où il devrait être de 97 %, 22 suppressions de trains stratégiques pour une régularité de 75 % et on m’envoie ce courrier-là ? C’est une honte, faut pas manquer de culot », dénonce le président de région.

Alors, comme les Hauts-de-France sont tout de même un gros client de la SNCF, à hauteur de 500 millions d’euros par an, le grand patron du transporteur a voulu calmer le jeu, mardi. « On a des problèmes de production de service et son mécontentement il est logique. C’est vrai qu’en ce moment, la qualité de service elle est pas bonne », reconnaît Jean-Pierre Farandou. Les raisons avancées ? Ce sont les mêmes depuis des mois : problèmes de ressources, de congestion de réseau, de manque de conducteurs… « On se mobilisera à fond pour rattraper ce retard, mais ça va prendre quelques mois », ajoute-t-il.

Paradoxalement, le PDG reconnaît donc un défaut de service mais insiste pour que son client poursuive le paiement de ses traites. « Je comprends qu’il nous mette la pression, mais la modalité qui consiste à ne pas nous payer, elle doit être discutée » estime Jean-Pierre Farandou. Si ce dernier assure que le « dialogue n’est pas rompu », les discussions s’annoncent plus que tendues. D’autant que la qualité du service de TER n’est pas le seul point d’achoppement. Il y a aussi cette affaire, portée devant la justice, de rétention d’informations de la part de la SNCF dans le cadre de l’ouverture du réseau régional à la concurrence. Procès que le transporteur a perdu en première instance et en appel.