Lille : La ville impose une sourdine à la Fête de la musique

CHUUUUT Sans l’interdire, la ville de Lille a toutefois mis un sacré bémol à la Fête de la musique en interdisant l’utilisation d’amplificateurs sur la voie publique

Mikaël Libert
Pas de musique amplifiée à Lille pour la Fête de la musique (illustration).
Pas de musique amplifiée à Lille pour la Fête de la musique (illustration). — G.Varela / 20 Minutes
  • Pour la première fois depuis l’épidémie de coronavirus, la Fête de la musique aura lieu en mode déconfiné.
  • A Lille, la mairie souhaite « redonner ses lettres de noblesse aux pratiques amateurs » en interdisant la musique amplifiée dans la rue.
  • Les voix s’élèvent contre cette décision, notamment au travers d’une pétition en ligne.

Silence, on joue. Mardi, la France vibrera de nouveau au son de la Fête de la musique après deux années de restrictions en raison de l'épidémie de coronavirus. A Lille, dans le Nord, on vibrera aussi, mais moins fort. La ville a en effet interdit la diffusion de « musique amplifiée » à l’extérieur. Une décision qui laisse pas mal de monde sans voix, exception faite de l’opposition municipale qui crie au scandale. Une pétition a même été lancée pour réclamer « une vraie Fête de la musique ».

Pour se produire dans les rues de Lille cette année lors de la Fête de la musique, il faudra être « unplugged ». Chanter sans micro, jouer sans amplificateur et mixer sans table de mixage. Si ces conditions peuvent être relevées comme des défis par certains, elles vont néanmoins renvoyer dans leurs garages un bon paquet de groupes. Faute de guitare électrique, exit le rock, le métal et plein d’autres trucs qui n’ont pas de sens à la guitare sèche. Faute de bande-son, exit les rappeurs. Exit les DJ, exit les petites voix… Exit tout ce que l’on appelle les Musiques actuelles amplifiées (MAA) qui regroupent les « expressions musicales ayant vu le jour à partir du XXe siècle, utilisant l’amplification électrique et l’électronique comme éléments d’écriture, de création et de diffusion », explique-t-on au conservatoire de Toulon Provence Méditerranée.

« La culture prend encore un nouveau coup sur la tête »

Alors pourquoi ? Est-ce un choix délibéré de la mairie d’exclure de la voie publique une si grande partie du répertoire musical ? Contactée par 20 Minutes, la ville n’a pas encore donné suite. Pour autant, à nos confrères de la Voix du Nord, elle expliquait sa volonté de « redonner ses lettres de noblesse aux pratiques amateurs, qui font l’essence même de la Fête de la musique ». Au nom de l’opposition municipale, Violette Spillebout s’insurge que « cette explication ne tient pas la route ». « Après la période Covid la culture prend encore un nouveau coup sur la tête », dénonce Stéphane Boudry, instigateur d’une pétition en ligne contre la décision de la mairie.

L’autre argument est d’éviter une certaine cacophonie dans les quartiers festifs où les musiciens seraient plus nombreux qu’ailleurs. Pourquoi pas. Néanmoins, il n’est pas évident qu’en termes de décibels, un groupe de métalleux amplifiés ait quoi que ce soit à envier à une fanfare ou une formation style tambours du Bronx. Malgré tout, les groupes qui le veulent pourront toujours brancher leur matos dans les bars ou restaurants prêts à les accueillir. A condition de ne pas jouer sur la terrasse.