Presque libre comme l'air sur la petite reine

Gabriel Thierry

— 

Il n'y aura ni vainqueur ni classement.
Il n'y aura ni vainqueur ni classement. — C. DHALLUIN / 20 MINUTES

Ils sont beaucoup plus que la quarantaine de cyclistes prévus.

Derrière la ligne de départ, sur leur vélo, des prisonniers et des surveillants : ils patientent, avec les mêmes maillots, avant le top départ du tour de France des détenus, à Villeneuve-d'Ascq. Dernières consignes de Jean-Paul Chapu, le directeur de la maison d'arrêt de Loos, à l'origine de la manifestation, une première en France : « En cas de chute, on tombe à droite. »

Des chutes, on n'en verra pas lors de cette épreuve spéciale. Pour le prologue d'hier entre Lille et Valenciennes comme pour tout le tour, les détenus roulent encadrés par les surveillants, en un seul gros peloton. Pas question de faire l'échappée belle pour la poignée de prisonniers triés sur le volet autorisés à participer.

Sur les pas de porte des maisons, on contemple la caravane, parfois brisée par les crevaisons qui coupent le peloton. La campagne défile et les 56 km aussi. Un apéritif avant les 188 km d'aujourd'hui jusqu'à Montmédy. Le rythme est juste ralenti par le rush automobile de 17 h à Valenciennes. « Je suis arrivé le premier sur la place, c'était impressionnant », sourit David, incarcéré à Dunkerque. « C'est fabuleux, confirme Jérémy, 20 ans, un détenu de Valenciennes. De sortir pour les entraînements, puis revenir en détention. » Pas ce soir : il dormira à l'hôtel pendant une quinzaine de jours. W