Que faut-il pour que les Lillois s’impliquent dans les projets de leur ville ?

DEMOCRATIE La mise au vote des Lillois de la requalification de l’avenue du Peuple-Belge ne rencontre pas (encore) le succès escompté par la mairie, notamment à cause du retard d’envoi des codes pour voter. La durée de la consultation donc a été prolongée de deux semaines

Mikaël Libert
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L'avenue du Peuple-Belge, à Lille.
L'avenue du Peuple-Belge, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Lille a lancé une consultation publique pour requalifier une grande avenue de la ville.
  • Les habitants doivent choisir entre quatre projets aux budgets compris entre 25 et 60 millions d’euros.
  • La durée de la consultation a finalement été prolongée, moins de 10.000 personnes s’étant prononcées en deux semaines.

La démocratie participative, c’est une belle idée que la mairie de Lille a décidé de mettre en œuvre de manière originale, et pas pour des ronds de carottes. Début mai, la ville a lancé une consultation auprès de ses habitants, invités à choisir entre quatre scénarios pour la requalification d’une avenue de la ville pour des enveloppes comprises entre 25 et 60 millions d’euros. Malgré l’enjeu, et un peu plus de deux semaines après l’ouverture des votes en ligne, peu d’électeurs s’étaient prononcés, notamment en raison de problèmes liés à l’acheminement de codes pour voter.

C’est un mode de consultation qui n’avait jamais été mis en œuvre à Lille : demander aux habitants inscrits sur les listes électorales de se prononcer sur un chantier d’urbanisme via une plateforme de vote en ligne sécurisée. L’idée était séduisante, à tel point que la municipalité pensait déjà à l’utiliser pour d’autres projets. Pour la requalification du Peuple-Belge, les électeurs devaient voter entre le 2 et le 23 mai. A l’issue, Martine Aubry, maire de Lille, l’avait promis : le choix des Lillois, quel qu’il soit, sera respecté.

Moins de 10.000 Lillois ont voté

Oui mais voilà, lorsque certains détracteurs de la maire lui reprochent de gouverner de manière unilatérale, les Lillois, eux, ne s’impliquent pas quand ils en ont l’occasion. En effet, ce mardi, seules 9.759 personnes avaient voté sur le site dédié. Cela ne représente que 7,66 % des 127.360 Lillois inscrits sur les listes électorales. Certes, pour voter, il fallait avoir reçu un code personnel par voie postale et la mairie reconnaît « plusieurs retards dans la distribution de ce courrier, confiée à un prestataire ». Et faute de code, pas de vote.

La ville est-elle vraiment prête à s’engager dans un potentiel chantier à 60 millions d’euros sur l’avis d’une part si faible de sa population ? La question n’est finalement pas là. L’important est que chaque électeur ait eu la possibilité de voter, matériellement et en connaissance de cause. A ce jour, tous les courriers ont été envoyés selon la mairie, même si les derniers sont arrivés 10 jours après les premiers. Il faut donc laisser un peu de temps aux derniers servis pour faire leur choix. La durée de la consultation a donc été doublée. La deadline étant désormais fixée au 6 juin au lieu du 23 mai.