Hauts-de-France : « Les produits régionaux ne sont pas stigmatisés par la norme Nutri-Score », estime l’UFC Que-Choisir

ALIMENTATION Contrairement aux dires des professionnels de l’agroalimentaire, des produits régionaux comme le hochepot flamand ou le potjevleesch obtiennent une bonne note avec Nutri-Score

Gilles Durand
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Illustration de l'étiquetage Nutri-Score sur les aliments.
Illustration de l'étiquetage Nutri-Score sur les aliments. — Xavier Francolon / SIPA
  • La mise en place du logo Nutri-Score, qui note de A à E la qualité nutritionnelle des aliments, ne cesse d’inquiéter les professionnels de l’agroalimentaire.
  • L’association de défense du consommateur, UFC-Que Choisir, vient de publier une enquête qui démonte cette crainte.
  • Dans les Hauts-de-France, les produits traditionnels régionaux sont équitablement notés entre A et E.

Patrimoine gastronomique en danger ? La mise en place de la norme Nutri-Score, qui note de A à E la qualité nutritionnelle des aliments, ne cesse d’inquiéter les professionnels de l’agroalimentaire. Parmi les griefs reprochés figure la stigmatisation de l'alimentation traditionnelle régionale. L’association de défense du consommateur, UFC-Que Choisir, vient de publier une enquête qui démonte cette idée.

L’alerte avait été lancée, il y a un an, par un institut de la qualité alimentaire en Occitanie. Ce dernier estimait que les produits régionaux élaborés selon des recettes traditionnelles obtenaient systématiquement les plus mauvais scores, à savoir C, D ou E. Et de prendre l’exemple du Roquefort et du jambon noir de Bigorre AOP moins bien notés que des fromages allégés et des rôtis de porc cuit avec 25 % de sel en moins.

Des produits classés A ou B

L’association UFC-Que Choisir a donc décidé de mener sa propre enquête pour savoir si cette affirmation valait pour tous les produits du terroir. Dans les Hauts-de-France, par exemple, 18 aliments représentant quatre familles ont ainsi été sélectionnés : les fruits et légumes, les produits céréaliers, les fromages et les plats traditionnels.

« Les résultats montrent que, loin d’être systématiquement mal notés, nos produits traditionnels se répartissent au contraire équitablement sur toutes les classes du Nutri-score », explique Robert Bréhon, président de l’UFC-Que choisir dans les Hauts-de-France.

Côté fruits et légumes, l’ail fumé d’Arleux, le haricot lingot du Nord, l’endive ou la pomme de terre de Merville se classent en catégorie A ou B. Même résultat pour la carbonnade de bœuf, le hochepot flamand (pot-au-feu), le potjevleesch (viande en gelée) et les tripes à la bière, au sein des plats traditionnels. Ça reste également correct avec la carbonnade flamande ou la ficelle picarde qui s’en sortent avec un C.

« Aucune stigmatisation »

En revanche, ça se gâte avec la limande façon meunière ou le filet de hareng fumé qui récoltent un D. Les fromages, sans surprise, ne font pas mieux : D pour la boulette d’Avesnes et le Maroilles et E pour la mimolette. Quant aux produits céréaliers, là aussi, les notes vont de C pour le cœur de Picardie (biscuits trempés dans l’eau-de-vie) à E pour les gaufres fourrées à la vergeoise et les gaufres fines.

« On s’aperçoit qu’il n’y a aucune stigmatisation des aliments traditionnels régionaux, explique Robert Bréhon. Il est vrai que certains produits traditionnels ont une teneur élevée en sel, sucre et matière grasse, comme d’autres. Il faut donc les consommer avec modération. »

Les professionnels de l’agroalimentaire dénonçaient un « marketing punitif ». « On en est loin, assure Robert Bréhon. Et puis, c’est le consommateur qui décide, donc il est nécessaire qu’il ait l’information. » L’enquête nationale conclut aux mêmes résultats qui ont été transmis à la commission européenne chargée de rendre obligatoire le label Nutri-Score. Pour l’UFC-Que choisir, il s’agit de ne pas « céder aux faux arguments des lobbies industriels ».