Lille : Poursuivi pour agressions sexuelles sur des patientes, un médecin généraliste relaxé

JUSTICE Soupçonné de gestes délictuels sur quatre patientes, un médecin généraliste a été blanchi par le tribunal de Lille

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration d'une consultation chez un médecin.
Illustration d'une consultation chez un médecin. — Baleydier / SIPA

Il était jugé pour des agressions sexuelles sur quatre patientes. Un médecin généraliste a été relaxé, ce mardi, à Lille. Le tribunal a estimé que les infractions n’étaient pas caractérisées.

Dans ce dossier, « un doute existe quant à l’élément intentionnel » et les éléments matériels sont également fragiles, a jugé le tribunal correctionnel. Ce dernier a souligné qu’une des plaignantes avait mis des mois à porter plainte et continué à consulter ce médecin, après les gestes dénoncés. Une autre patiente avait évoqué à l’audience des faits jamais décrits auparavant.

Des patientes appelées « cocotte » ou « ma puce »

« On a enfin des gens qui arrivent à faire la part des choses et à faire du droit, pas à être dans l’émotion », s’est félicité, auprès de l’AFP, l’avocate du médecin, absent pour le délibéré, Me Alice Cohen-Sabban. Lors de l’audience début mars, le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercer à l’encontre de ce sexagénaire.

Le praticien n’est pas un prédateur mais « quelqu’un de familier, dans une trop grande proximité », ce qui peut aller jusqu’au « basculement », par « opportunité », avait estimé le procureur.

A la barre, le prévenu, qui appelait ses patientes « cocotte » ou « ma puce », avait nié toute agression, mais reconnu de « possibles » comportements déplacés. « La société évolue, certains gestes peuvent être considérés comme trop familiers, aujourd’hui », avait-il expliqué.

Palpations des seins inadaptées

Sur quatre plaignantes, deux étaient absentes, l’une d’elles n’ayant « jamais répondu aux convocations », selon le président. Deux jeunes femmes avaient décrit des mains aux fesses, des palpations des seins inadaptées et autres attouchements au niveau du clitoris.

L’avocate de l’ordre des médecins avait, quant à elle, estimé qu’il était « difficile » de déterminer la « limite entre mauvaise pratique médicale, familiarité voire grossièreté » et « gestes délictuels ».