Les cadres supérieurs ne boudent pas le Nord

Vincent Vantighem

— 

Le ciel gris qui collait aux basques du Nord est en train de virer au bleu.

La métropole lilloise est devenue attractive, si l'on en croit le dernier rapport de l'Agence pour la promotion internationale de la métropole (Apim). Ainsi, les entreprises qui s'installent prévoient désormais d'entraîner avec elles leurs salariés. C'est ce qu'on appelle la « relocalisation ». L'an dernier, 25 % des implantations dans la métropole se sont montées selon ce modèle. « Avant, on devait se battre pendant des mois pour attirer une entreprise, se souvient Luc Doublet, le président de l'Apim. Maintenant, ce sont elles qui nous appellent... On est en tête du peloton. »

L'inauguration du siège de Bayer Schering Pharma, hier à Eurasanté, n'est que la cerise sur le gâteau. Depuis 2004, ­Tereos, Mc Cain, Tate & Lyle avaient déjà ouvert la voie. Même l'Ecole nationale des douanes n'a pas hésité à quitter Neuilly-sur-Seine pour atterrir à Tourcoing. « Le développement des hommes est plus important que le développement économique », analyse Luc Doublet. Et comme on n'attire pas les mouches avec du vinaigre, la métropole a affûté ses arguments pour séduire 8 000 cadres l'an dernier. Une convention signée avec la préfecture favorise l'emploi des conjoints fonctionnaires. Et le prix des bureaux - deux à trois fois moins élevé qu'à Paris - n'est pas le seul critère. Les crèches d'entreprise et les écoles internationales aident aussi... « J'ai découvert le club du LUC. J'ai inscrit mes enfants dès notre arrivée. C'est génial », confirme Eric Gauthier, manager chez Bayer, qui a emmené femmes et enfants en septembre dernier. Sans oublier la vie culturelle : « Même si on ne comprend pas toujours ce qui est exposé au Tri Postal, Lille 3 000 représente une vraie aubaine », conclut Luc Doublet. W