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INTERVIEWQui est Saam, le candidat lillois à « Eurovision France » 2022 ?

« Eurovision France » 2022 : « Je voudrais transmettre le virus du sourire tout aussi contagieux que le Covid », explique Saam

INTERVIEWSaam, le candidat lillois à la sélection française du concours Eurovision de la chanson, dévoile sa personnalité musicale et une partie de sa vie
Le chanteur Saam, candidat à l'Eurovision 2022.
Le chanteur Saam, candidat à l'Eurovision 2022. - Yann Orhan / Yann Orhan
Gilles Durand

Propos recueillis par Gilles Durand

L'essentiel

  • France 2 diffuse, samedi soir, l’émission Eurovision France, C’est vous qui décidez afin de désigner l'artiste qui représentera la France au concours Eurovision en mai.
  • Saam, le candidat lillois, exerce encore le métier de chirurgien-dentiste.
  • Le chanteur compose lui-même sa musique et ses chansons à l’oreille, assurant que « le fil conducteur de [s]a musique, c’est l’émotion ».

Saam représentera-t-il la France à l'Eurovision 2022 ? Avec sa chanson « Il est où ? », le Lillois fait partie des candidats en lice dans l’émission Eurovision France, C’est vous qui décidez, qui sera diffusée samedi soir, sur France 2. Douze chansons sont retenues pour cette sélection française. Portrait d’un dentiste de 33 ans qui a décidé de sourire à la vie à pleine dent.

Comment vous retrouvez-vous dans cette compétition pour l’Eurovision ?

Mon producteur m’a appelé, en août, pour me demander si j’étais intéressé pour participer à ce concours Eurovision France. J’étais ravi car c’est un programme que j’adorais regarder dans ma jeunesse. Mais il fallait une chanson inédite. Or, je venais de sortir un EP quelques mois avant. J’ai donc profité de mes vacances à Biarritz pour enregistrer Il est où ? avec ma guitare et mon petit studio, pendant que mes amis étaient à la plage.

Vous êtes surpris de vous retrouver parmi les finalistes ?

Je suis hypercontent d’avoir été retenu parmi 3.000 chansons envoyées. Une première sélection a été réalisée en janvier. Nous nous sommes retrouvés à 25 devant un jury dans un théâtre pour voir notre prestation sur scène, car le visuel est très important à l’Eurovision. Que ce soit moi ou un autre qui représente la France, j’aimerais tellement qu’on gagne. Ça fait si longtemps.

Quel est votre parcours musical ?

Je suis un artiste autodidacte. Je ne connais pas le solfège, je fais tout à l’oreille. Quand j’étais au collège, je saoulais tout le monde en reprenant à la flûte à bec les chansons à la mode. Mon prof de musique voulait que je m’inscrive au conservatoire, mais j’ai préféré garder cette indépendance. Le fil conducteur de ma musique c’est l’émotion. Par exemple, lorsque j’ai appris la mort de la meilleure amie de ma mère. Je ne savais pas quoi dire, j’étais bloqué. Alors, j’ai pris ma guitare. La mélodie est venue et les paroles avec.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, vous ne vivez pas de votre musique…

Non. J’exerce toujours le métier de chirurgien-dentiste dans la métropole de Lille. Comme avec mes chansons, j’essaie de redonner le sourire dans mon cabinet. J’ai fait peu de scène, quelques castings pour des émissions de télécrochet, mais ça n’a jamais marché. Je ne suis pas à l’aise avec ce format qui consiste à interpréter les chansons des autres.

Comment avez-vous mis un pied dans le monde professionnel ?

Mon premier morceau est né pendant le confinement : une chanson hommage à ma grand-mère Mémère, que j’ai postée sur les réseaux sociaux. Ça a intéressé le label Jo & Co chez qui j’ai signé mon premier EP. Dans la foulée, j’ai fait la promo en avril 2021 sur France 2 chez Laurent Ruquier et Michel Drucker. C’était comme dans un rêve.

Quelles sont vos influences ?

J’ai été entourée de femmes fortes : ma mère, son amie qui était un rayon de soleil et ma grand-mère chez qui j’ai vécu dix ans lorsque je faisais mes études de médecine à Lille. Ce sont mes influences de vie. Musicalement, ma mère écoutait de la variété française. J’ai été bercé par Brel. Plus tard, j’ai écouté du rock, de Radiohead à Oasis en passant par Red Hot Chili Peppers. Ces mélodies qui restent dans la tête. La touche urbaine de ma musique, je la dois à mon frère qui était fan du groupe IAM.

Cette chanson « Il est où ? », elle vient d’où ?

Je voudrais transmettre le virus du sourire tout aussi contagieux que le Covid, mais positif. C’est un message universel, compris par tous dans le monde entier. Je souhaite aussi transmettre un message. Je n’ai pas eu une enfance facile. Mes parents se sont séparés très tôt. Ma mère s’est retrouvée seule, au chômage avec trois enfants. Mon sourire m’a aidé quand j’étais jeune. Je me suis servi de cette force. Quand on devient adulte, on perd un peu cette candeur. C’est dommage. La chanson parle de ça.

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