La restauration s'engraisse sur les menus anticrise

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Deux restaurants Quick de la région proposaient un menu anticrise à 1 euros. Demain, la formule s'arrêtera à Béthune, après avoir fait un tabac à Grande-Synthe. « Le bilan est positif, analyse Ludovic Peltier, le superviseur des deux fast-foods. En termes de satisfaction client, c'est du 200 % ! » A tel point que l'opération devrait être ponctuellement renouvelée, histoire de redonner la frite lors des coups de mou. Il faut dire que la multiplication des amateurs de hamburgers a conduit à l'embauche de deux salariés. Alors, tant pis si le menu, vendu à prix coûtant, ne rapporte rien.

Les menus anticrise n'intéressent pas que la restauration rapide. A Malo-les-Bains, L'Appart a lancé un menu à 6 euros, disponible tous les mardis midi. Depuis février, c'est « 20 % de chiffre d'affaires en plus », savoure Mathias Vigliano, le patron, qui restait sur une piteuse baisse de 30 %, au dernier trimestre 2008.Mais attention, préviennent les analystes de l'industrie de la bouche : casser les prix pourrait finir par faire dégringoler les profits. « C'est une bonne façon de se faire de la pub, note Bernard Boutboule, directeur d'une agence de conseil pour la restauration. Mais plus le temps va passer, moins les médias vont relayer ces opérations : à la sortie de crise, le consommateur ne voudra pas qu'on augmente le prix. » W

Gabriel Thierry