Nord : Rubika, l’école de Valenciennes qui mêle, avec succès, design, animation et jeux vidéo

FORMATION Neuf ans après avoir fusionné trois écoles de la chambre de commerce de Valenciennes, dans le Nord, Rubika veut garder sa notoriété et son indépendance

Gilles Durand
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Atelier d'un étudiant en design qui travaille sur un projet de panier de basket ambulant, à l'école Rubika de Valenciennes.
Atelier d'un étudiant en design qui travaille sur un projet de panier de basket ambulant, à l'école Rubika de Valenciennes. — G. Durand / 20 Minutes
  • En 2013, trois écoles réputées de la chambre de Commerce de Valenciennes, l’Institut supérieur de design, Supinfocom (consacré au cinéma d’animation) et Supinfogame (spécialisé dans les jeux vidéo), avaient fusionné pour créer l’école Rubika.
  • Les étudiants en design, animation et jeux vidéo, empilent les prix chaque année.
  • L’école a changé de statut, en octobre, pour devenir une association.

Taux d’adrénaline maximal. Quiconque a été étudiant un jour connaît cette sensation, le jour de l’examen. Et les « 5e année » de la formation design chez Rubika, une grande école installée  à Valenciennes, dans le Nord, n’y échappent pas. Ici, l’examen consiste en une présentation de projet en partenariat avec de grandes marques comme Décathlon, Renault, Audi, Goodyear ou encore Seb.

Certains projets d’études et prototypes sont même frappés du sceau de la confidentialité. « La grande force de notre école, c’est d’offrir des conditions de travail quasi professionnelles et des stages en mobilité dans le monde entier », explique-t-on chez Rubika. Objectif ; l’innovation à tout prix. Ainsi, parmi les 19 projets présentés, un groupe de six étudiants a planché, pendant cinq mois, sur une salle de bains pour personne âgée ou handicapée.

Récompenses internationales

« En général, on a du mal à trouver des objets esthétiques qui ne soient pas du matériel médical pour équiper ce type de salle de bains », explique Marie, une des étudiantes concernées. Le groupe a imaginé du mobilier sur lequel on peut s’appuyer : une échelle pour étendre les serviettes, par exemple. Avec la campagne publicitaire adéquate. Qui sait si demain, l’enseigne d’aménagement de maison qui supervise ce projet ne l’inclura pas dans son catalogue ?

Prototype de salle de bains pour personnes âgées, réalisé par des étudiants en design à l'école Rubika de Valenciennes.
Prototype de salle de bains pour personnes âgées, réalisé par des étudiants en design à l'école Rubika de Valenciennes. - G. Durand / 20 Minutes

L’an dernier, quatre étudiants avaient remporté une récompense internationale, un « UX design award », pour avoir conçu un espace de travail plus convivial pour les personnes atteintes de surdité sévère, en améliorant les conversations de groupe à leur intention. « Beaucoup de nos étudiants créent aussi leur propre studio de design, une fois leurs études terminées », assure Stéphane André, un ancien de la Marine devenu capitaine du vaisseau Rubika.

Car la notoriété de cette grande école s’est inscrite dans le temps, en réussissant, en 2013, la fusion de trois écoles réputée de la chambre de Commerce de Valenciennes : l’Institut supérieur de design, Supinfocom (consacré au cinéma d’animation) et Supinfogame (spécialisé dans les jeux vidéo).

« Chaque année, 900.000 euros investis dans le matériel »

Ces trois disciplines se déclinent aujourd’hui en dix formations qui accueillent environ un millier d’élèves dans un bâtiment monumental, bâti en 2015. « Chaque année, 800.000 à 900.000 euros sont investis dans le matériel. On dispense environ 1.000 heures de cours par an. Avec la qualité du recrutement, c’est peut-être ce qui fait le succès de cette école », souligne Stéphane André.

Présentation d'un projet par des étudiants en design devant un jury composé de professionnels.
Présentation d'un projet par des étudiants en design devant un jury composé de professionnels. - G. Durand / 20 Minutes

Car du côté de l’animation comme des jeux vidéo, les étudiants empilent aussi les récompenses. Par exemple, deux courts métrages, Overrun et Gunpowder ont déjà remporté le « Best student project Award » au Siggraph, prestigieux séminaire américain. Un autre, Lattitude du printemps, a atteint la finale des Oscars étudiants.

Cette année, un jeu vidéo Live Adventure est nommé à l’Independent Games Festival (IGF) qui aura lieu à San Francisco, en mars, et quatre autres jeux sont nommés à la Game Developers Conference de San Francisco, deux compétitions de premier plan à l’international.

Statut associatif

Dans les immenses couloirs se croise donc la matière grise des futurs créateurs qui ne seront que de passage à Valenciennes. « En animation, par exemple, la moitié de nos étudiants trouvent du travail à l’étranger, dans de grandes boîtes comme Pixar ou Dreamworks », se félicite Stéphane André.

De son côté, l’école a quitté, en octobre, la tutelle de la CCI pour prendre le statut d’association. « On s’assure sur le long terme, que l’ensemble des frais de scolarité soient bien consacrés au développement de l’école, comme c’est le cas aujourd’hui, précise Stéphane André. Cela doit permettre aussi d’être éligible auprès de fonds issus de mécénats, lorsque des ambitions communes seront identifiées. Et ce statut doit, enfin, renforcer les partenariats pour garantir notre indépendance. »

Une journée portes ouvertes est organisée au sein de l’école, le samedi 5 février, de 10 h à 18 h.