Lille : La bijouterie Lepage, une fringante centenaire qui n’a pas peur du coronavirus

LUXE Les héritiers de la discrète, mais florissante entreprise, qui fête son centenaire, évoquent une profession qui ne connaît pas la crise

Mikaël Libert
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Les trois questions que l'on se pose sur l'or et les diamants. — 20 Minutes
  • L’enseigne de bijouterie Lepage fête son centenaire en 2022.
  • Malgré l’épidémie de coronavirus, l’entreprise a maintenu sa croissance ces deux dernières années.
  • Les héritiers ont néanmoins dû procéder à quelques adaptations, notamment booster le numérique et l’achat d’or de seconde main.

Mon précieux. Lepage, c’est la plus grande et sans doute une des plus anciennes bijouteries de Lille. Dans la capitale des Flandres, l’enseigne est installée depuis 1971. Mais la première boutique de la famille a été ouverte au Havre, en Normandie, il y a tout juste un siècle. Si le milieu de  la joaillerie semble immuable, les héritiers Lepage ont néanmoins adapté le fonctionnement de l’entreprise aux contraintes du monde moderne et à  l’épidémie de coronavirus.

Si la crise sanitaire pourrit la vie d’une très grande majorité des habitants de la planète depuis deux ans, certains ont cependant vécu cette période mieux que les autres, à l’image des dix plus grosses fortunes du monde qui ont vu leur patrimoine doubler au cours des 19 derniers mois, selon l'ONG Oxfam. Dans le microcosme du luxe, les affaires ont été plutôt bonnes : « Bien sûr, nous nous sommes adaptés en pratiquant la vente à distance pendant cette crise. Nos clients ont toujours répondu présent, puisque l’entreprise a poursuivi sa croissance en 2020 et en 2021 », se réjouit Julie Lepage, précisant que le chiffre d’affaires de 2021 se montait à 30 millions d’euros.

Environ 750 diamants « solitaires » vendus en 2021

Certes, cela aurait pu être mieux. Comme ses concurrents, en raison des mesures sanitaires, Lepage a accusé le coup des nombreux reports de mariages et, donc, d’achats d’alliances. Etrangement, ce sont aussi les mesures sanitaires qui ont permis au joaillier de se rattraper : « Faute de pouvoir voyager, de nombreux clients se sont fait plaisir en achetant des bijoux à la place. Ils y voyaient aussi le côté investissement », poursuit Julie Lepage. Pour se faire une idée, Lepage a vendu pas moins de 750 diamants « solitaires » l’année dernière.

Finalement, la galère, puisqu’il y en a une, est ailleurs. Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le bijoutier a toutes les peines du monde à trouver l’or nécessaire à la fabrication de ses produits. « L’or a toujours été une valeur refuge, dont le cours monte systématiquement en période de crise, comme c’est le cas actuellement », remarque Edouard Lepage, le diamantaire de la famille.

Pour refaire ses stocks d’or, Lepage a donc trouvé une parade doublement intéressante : l’or de seconde main. « Nous rachetons aux particuliers les bijoux dont ils ne veulent plus. Souvent, ce sont des héritages qui ne correspondent pas au style des héritiers », explique Edouard Lepage. Selon lui, cette chaîne d’approvisionnement est sûre et la manne est importante. L’autre avantage, c’est que l’argument recyclage est un des critères qui ont permis à Lepage d’obtenir la certification RJC, gage d’une joaillerie « responsable, éthique, écologique et humaine ».