Lille : Comment la future zone à faible émission peut se mettre en place et exclure les véhicules anciens

ENVIRONNEMENT L’étude faisabilité de la future zone à faibles émissions au sein de la Métropole de Lille estime à environ 15 % le nombre de véhicules anciens et polluants concernés

Gilles Durand
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Illustration d'un pot d'échappement.
Illustration d'un pot d'échappement. — Syspeo / SIPA
  • La métropole de Lille subissait, jeudi, le premier épisode de pollution atmosphérique de l’année.
  • En 2019, les élus avaient voté le principe d’une zone à faibles émissions concernant onze communes et plusieurs grands axes routiers.
  • Une étude de faisabilité, réalisée par le leader français de l’ingénierie, Egis, évoque les conditions dans lesquelles cette zone à faibles émissions peut être mise en place.

Quand la circulation automobile sera-t-elle limitée ? La métropole de Lille (MEL) subissait, jeudi, le premier épisode de pollution atmosphérique de l’année, rappelant qu’en 2019, ses élus avaient voté le principe d’une zone à faibles émissions (ZFE) concernant onze communes et plusieurs grands axes routiers.

Pour rappel, la ZFE vise à interdire l’accès de certains axes pour les véhicules jugés les plus polluants, afin de faire baisser le bilan carbone. Selon une étude de faisabilité réalisée par le leader français de l’ingénierie, Egis, les véhicules de critère 5 (les plus anciens) représentent 2 à 3 % du parc automobile et ceux de critère 4 (un peu moins polluants), entre 10 et 12 %. Environ 15 % des foyers seraient ainsi concernés par la mesure.

Déploiement suspendu à une décision de l’Etat

Or, depuis le vote de 2019, la mise en œuvre concrète du projet se fait attendre, alors qu’il existe déjà quatre ZFE en France (métropoles de Lyon et de Strasbourg, Grenoble, Grand Paris). En octobre, les élus écologistes de la MEL étaient revenus à la charge, se heurtant au refus de l’exécutif de rouvrir le dossier. « La MEL doit désormais régler son pas sur le tout nouveau cadre légal fixé par la loi Climat et Résilience », avait argué métaphoriquement Sébastien Leprêtre, vice-président (DVD) à la Mobilité.

Cette décision signifie, en clair, que le déploiement de cette ZFE reste suspendu à une décision de l’Etat. Contacté par 20 Minutes, le ministère de la Transition écologique a précisé qu’un décret sur le sujet devait être pris « dans les prochaines semaines ». Quels sont donc les points de blocage ?

« A Manchester et à Bruxelles, villes avec lesquelles nous avons collaboré, il y avait une nécessité, le projet s’est donc imposé, mais par étapes, explique Laurent Rousseau, responsable du département mobilité chez Egis. Dans ces villes, le débat sur une éventuelle indemnisation, par exemple, n’a jamais eu lieu. En revanche, les municipalités ont proposé un accompagnement pour les primo-arrivants avec des abonnements gratuits aux transports en commun pendant une certaine période. »

Aide sur les moyens de transport existants

Et l’ingénieur d’évoquer aussi une étude réalisée sur un panel citoyen d’une trentaine de personnes, à Bordeaux. « Aucun n’a évoqué la moindre demande d’argent pour indemniser l’achat d’une nouvelle voiture, assure-t-il. En revanche, la question d’une aide sur les moyens de transport existants s’est posée. »

Mais pour voir naître une ZFE à la MEL, il reste à évacuer un dernier débat sur la façon de contrôler le respect du dispositif. « A la MEL, il faudrait du personnel supplémentaire pour assurer ce contrôle, note Laurent Rousseau. Et les responsables nous répondent que ce n’est pas une priorité actuellement. C’est dommage, car plus on retarde, plus on loupe l’effet image de marque environnementale d’une telle mesure. »