Lille : Quand Martine Aubry incite les habitants à s’inscrire sur les listes électorales

DEMOCRATIE La ville de Lille a lancé une campagne de communication originale basée sur des mèmes afin de sensibiliser les Lillois à l’importance de s’inscrire sur les listes électorales

Mikaël Libert
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La campagne de Lille pour inciter à l'inscription sur les listes électorales.
La campagne de Lille pour inciter à l'inscription sur les listes électorales. — Ville de Lille
  • A Lille, une campagne de communication a été lancée pour inciter les habitants à s’inscrire sur les listes électorales.
  • Décalée, cette campagne s’appuie sur des mèmes populaires sur Internet.
  • Outre l’affichage, un van sillonne les quartiers pour informer et inscrire les citoyens.

Mème pas peur. Depuis une semaine, les Lillois ont vu apparaître d’étranges visuels sur les panneaux d’affichage municipaux de leur ville. Petits chats, bonhomme triste, enfant apeuré ou encore le Joey de « Friends ». Des images que tout le monde connaît comme étant devenues des mèmes  sur les Internets. Le pari plutôt réussi de la municipalité était de les utiliser pour inciter les habitants à s’inscrire sur  les listes électorales.

Cette campagne de communication inspirée des réseaux sociaux fait beaucoup parler sur ces mêmes réseaux sociaux. « Madame le maire souhaitait mettre les moyens pour informer les citoyens qu’ils pouvaient encore s’inscrire sur les listes et que ce n’était pas si difficile », explique Sébastien Duhem, adjoint en charge de la participation citoyenne.

Une augmentation de 77 % des inscriptions en cinq jours

Si décalée soit-elle, l’orientation de cette campagne n’est pas sortie de la tête de publicitaires mais bel et bien du service de com de la ville. « On voulait quitter un peu des sentiers battus et aller plus loin qu’une campagne classique. Cette proposition, la maire l’a trouvée particulièrement intéressante parce qu’elle parle à tout le monde, pas qu’aux jeunes », raconte l’adjoint.

Outre les célèbres mèmes placardés sur 150 panneaux de la ville, un van sillonne les quartiers pour informer et même inscrire les personnes qui le souhaitent sur les listes électorales. « Beaucoup de personnes apprennent grâce à cette opération que l’on peut encore s’inscrire jusqu’à fin mars et que la démarche est simple et rapide », insiste Sébastien Duhem. Et ça marche. Sur le mois de décembre, seulement 72 personnes s’étaient inscrites sur les listes à Lille, contre 128 sur les cinq premiers jours de la campagne de communication.

Pour Martine Aubry, c’est aussi un moyen de lutter contre l’abstention qui a atteint des niveaux dramatiques lors des derniers scrutins, notamment à Lille : 30,4 % au second tour de la présidentielle de 2017, 54,18 % aux européennes de 2019, 69,94 % aux régionales de 2021… « On ne fait pas de prosélytisme contre l’abstention. En période préélectorale, il faut rester prudent si l’on ne veut pas être accusé de faire de la récupération », reconnaît l’adjoint.