Le cas Dalongeville continue d'embarrasser

Olivier Aballain

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Les socialistes sont gênés aux entournures. Le bureau national du Parti socialiste a prononcé, hier soir, la « suspension » du maire de Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville. L'édile a été placé en détention provisoire le 9 avril dans l'enquête sur des détournements de fonds. Son parti avait déjà réagi le 6 avril, lorsque le maire a fait retirer leurs délégations aux adjoints qui n'avaient pas approuvé le budget 2008. « De fait, Gérard Dalongeville vient de s'exclure du PS », déclarait alors la première fédérale du Pas-de-Calais, Catherine Génisson.

Mais au PS, le malaise vient de plus loin. Certains n'ont toujours pas digéré la réintégration du maire, en juin 2008. « Les élections étaient gagnées contre le FN, quel besoin avait-on de le réintégrer ? », s'était alors interrogé l'un des membres de la majorité municipale. « J'ai émis les plus vives réserves sur cette décision », explique d'ailleurs Serge Janquin, à l'époque premier fédéral PS du Pas-de-Calais. « C'était un processus mécanique, explique Christophe Borgel, secrétaire national du parti aux fédérations. Il donnait alors l'impression de vouloir redresser les comptes. » Ce que ne confirme pas Serge Janquin : « En juin, des rumeurs circulaient sur les affaires judiciaires. J'ai demandé à Gérard Dalongeville des preuves de sa bonne foi, et je ne les ai jamais reçues. »

Sauf qu'au PS, ils sont toujours nombreux à jurer avoir découvert le pot aux roses lors de l'interpellation du 9 avril. C'est le cas de Daniel Percheron, président de région. C'est aussi celui de Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin. « Comment a-t-il pu tromper autant de monde aussi longtemps ? », s'interroge celui qui a pourtant employé Gérard Dalongeville au Conseil supérieur de l'électricité et du gaz. De fait, le maire de Hénin-Beaumont a croisé beaucoup de monde depuis son baptême du feu électoral, en tant que directeur de campagne du député Albert Facon, en 1997. Pour Guy Delcourt, le député-maire de Lens, « on s'est servi de la menace du FN pour obtenir sa réintégration au PS ». Qui est-ce « on » ? Guy Delcourt botte en touche : « C'est le manque de lucidité et de courage. » L'exclusion définitive du maire devrait être prononcée lundi. W