Top Chef : Quatre ans après sa victoire à Top Chef, Camille Delcroix a ouvert son premier resto

GASTRONOMIE Vainqueur du célèbre concours télé Top Chef en 2018, le Nordiste a ouvert son premier établissement en décembre à Saint-Omer

François Launay
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Camille Delecroix a ouvert son premier restaurant
Camille Delecroix a ouvert son premier restaurant — Tourisme en pays de Saint-Omer
  • Depuis début décembre, Camille Delcroix a ouvert son premier restaurant à Saint-Omer.
  • Vainqueur de Top Chef en 2018, le cuisinier raconte comment il a eu du mal à gérer la soudaine notoriété qui lui est tombée dessus.
  • Après avoir longuement réfléchi pendant les confinements, le chef cuistot a décidé de se lancer avec sa femme dans une nouvelle aventure culinaire.

Même s’il n’a que 32 ans, Camille Delcroix aime les institutions. Un peu moins de quatre ans après avoir remporté le célèbre concours culinaire de   Top Chef, le trentenaire vient d’ouvrir avec sa femme son premier établissement à Saint-Omer dans une bâtisse historique de la ville retapée pendant huit mois du sol au plafond.

Appelé Bacôve, du nom de la barque utilisée par les maraîchers pour naviguer sur le marais, le restaurant de 35 couverts, qui met à l’honneur les produits locaux, ne désemplit pas depuis son ouverture début décembre. « C’est le début d’une aventure. On est super content car on écrit une nouvelle page de cette magnifique bâtisse qui était un peu le fer de lance gastronomique de Saint-Omer dans les années 90 et 2000. Avoir pu le racheter et exercer notre métier dedans avec ma femme, c’est super », se réjouit le cuisinier.

Des confinements appréciés

Pourtant, Camille Delecroix s’est posé beaucoup de questions avant de se lancer. Il faut dire que les sollicitations n’ont pas manqué après sa victoire dans le concours télé. Fin 2019, le Nordiste aurait même dû prendre la direction de Bordeaux pour seconder le célèbre chef Philippe Etechebest dans son nouveau resto. Mais des problèmes de permis de construire vont repousser le projet et changer la donne.

Installé à Saint-Omer, la ville de sa femme, le cuistot va profiter des différents confinements pour réfléchir à son avenir mais aussi souffler un grand coup après le tourbillon Top Chef qui n’a pas eu que des avantages.

« Se promener avec sa femme et sa fille et se faire arrêter dans la rue, c’est rigolo un an »

« L’après Top Chef a été très speed et on n’est pas forcément préparé à ça. C’est pour ça que j’ai apprécié les confinements. La notoriété soudaine n’est pas évidente à gérer surtout pour moi qui aime bien être tranquille. Je suis un peu lunaire, j’aime bien rester dans ma bulle. Se promener avec sa femme et sa fille en poussette et se faire arrêter dans la rue, c’est rigolo un an. Après, il faut tourner la page. Je n’ai ni inventé le vaccin contre le Covid, ni gagné la coupe du monde de foot, j’ai juste gagné un concours de cuisine. Même si je sais que ça fait partie du jeu », reconnaît le chef cuistot.

Alors, pour digérer l’aventure Top Chef, Camille Delcroix ne va pas tout changer du jour au lendemain. Il garde d’abord son poste de second de cuisine au château de Beaulieu, l’un des rares doubles étoilés des Hauts-de-France. Mais la décision du chef Marc Meurin de revendre le restaurant fin 2020 va changer la donne.

« Avoir ça à nos âges, c’est super valorisant »

« Franchement, si Marc Meurin ne l’avait pas vendu, je serai encore là-bas. J’avais carte blanche en cuisine, c’était une maison extraordinaire où j’ai appris énormément dans un cadre magnifique. C’était le paradis. Finalement avec ma femme, on a décidé de se lancer après avoir mûri notre projet pendant le deuxième confinement. J’étais chez moi et on a pris le temps de bien faire les choses. Avoir ça à nos âges, c’est super valorisant », admet le jeune chef.

Après un mois, sa nouvelle adresse ne désemplit pas même s’il faut gérer ces derniers temps les désistements de dernière minute en raison d’Omicron. Jeune chef d’entreprise, Camille Delcroix « apprend tous les jours » avec sa petite dizaine d’employés à qui il a proposé des conditions intéressantes pour travailler dans un secteur en manque de main-d’œuvre depuis la crise sanitaire. Avec Bacôve, le cuisiner ouvre une première étape avant, espère-t-il, d’ouvrir d’ici dix ans un resto en plein cœur du marais audomarois. Rien de plus logique pour ce féru de patrimoine amoureux de sa région.