Les tentes du camp de Grande-Synthe risquent d'être démontées

Gabriel Thierry

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Les deux chapiteaux du camp de migrants de Grande-Synthe devraient être démontés dans « le courant de la semaine », selon une source à la mairie. Ces deux grandes tentes, installées avec le froid en décembre, pourraient servir pour le « festival des mondes pluriels », qui débute après-demain. Les groupes électrogènes avaient déjà été enlevés le 8 avril.

Crainte d'Aïssa Zaïbet, secrétaire du Mrap Dunkerque : « Que les migrants retournent dans des tentes de fortune, cent mètres plus loin. Le plus préoccupant, ce sont les familles, c'est notre priorité. » Du coup, l'association recherche des tentes et des couvertures. Car un couple kurde vit sur le camp avec la petite San, un bébé d'un mois et demi. Logés à l'hôtel, ils ont préféré « se rabattre sur le camp ».

Démontage aussi en vue au camp de Steenvoorde. « On arrête le 11 mai. L'aire d'autoroute sera en travaux pour un mois », précise Damien Defrance, le président de Terre d'Errance Steenvoorde. Il estime qu'une fois le flux des camions tari, les migrants, environ vingt-cinq Erythréens, vont s'évanouir dans la nature. Mais « le camp ne sera pas démonté. Si des migrants vivent dehors dans des jungles, on avisera. C'est intolérable de voir dormir des gens dans des fossés. »

De 400 à 700 à Calais, 200 autour de Dunkerque, 100 à l'intérieur des terres : au total, entre 700 et 1 000 migrants transiteraient actuellement par la région, via huit camps, pour passer en Grande- Bretagne. Laurent Maameri, secrétaire de Terre d'Errance Norrent-Fontes, s'inquiète toujours de la création d'un espace dans le port de Calais « sous tutelle anglaise, où les migrants seraient parqués ». Phil Woolas, le ministre britannique de l'Immigration, avait évoqué des négociations pour ouvrir un centre de rétention. Informations aussitôt démenties par Paris. W