Laissés en plan sur la carrière

Gilles Durand

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« Nous ne sommes qu'au début d'une série de catastrophes. » Ce pronostic de Christian Szymanski, président de l'Association des victimes de mouvements de terrain, s'appuie sur la mésaventure survenue à deux habitants de Faches-Thumesnil. Les ennuis du couple Magrez ont commencé dans la nuit du 24 au 25 janvier. Le matin, ils découvrent dans leur jardin un trou de 12 m sur 8. La voûte d'une catiche s'est effondrée. Un phénomène habituel tant ces anciennes carrières de craie, exploitées de façon anarchique, ont transformé le sous-sol en gruyère au sud de Lille.

Problème : les assurances ne remboursent pas ce genre de dégâts tant que la maison n'est pas touchée. Et les pouvoirs publics se renvoient la balle. D'autant que, dans le cas des Magrez, l'existence de cette catiche était répertoriée. Au moment de la construction de leur maison, le couple avait d'ailleurs dû renforcer les fondations à la demande de l'architecte. « Verbalement, un expert a estimé le coût du comblement à 200 000 euros », s'inquiète Michel Magrez. D'où sa décision de rejoindre l'Association des victimes de mouvements de terrain pour trouver une solution. Son président, Christian Szymanski, envisage même un recours ultime : « Retrouver les descendants des extracteurs de craie pour établir les responsabilités. » W