Conforama face aux fauteuils de trouble

Gabriel THIERRY

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Ils sont trois à menacer d'entamer lundi une grève de la faim. Les victimes des fauteuils Conforama empoisonnés au DMF ne veulent pas vivre « en quarantaine ». « Nous sommes persuadés que nos logements sont contaminés, pointe Claudette Lemoine, 66 ans, porte-voix des victimes du DMF, un produit chimique utilisé pour protéger les meubles de l'humidité durant leur transport. Des conjoints de victimes ont développé des problèmes respiratoires ou cutanés. »

Du coup, pas question pour Claudette d'inviter à la maison son petit-fils, nouveau-né. Elle avait acheté un fauteuil pour son mari, Jean-Louis, « brûlé en dix jours », en octobre 2007. Pour certifier la qualité de l'air des logements des victimes, son association demande des analyses.

Or, ces mesures coûteraient entre 6 800 et 8 000 euros. « Ce n'est pas notre vocation », répond le ministère de la Santé, invité à sortir le chéquier et qui étudie la saisie de l'Afsset, l'agence de sécurité sanitaire. Mais celle-ci a déjà prévenu : « On n'a ni le matériel, ni le personnel. » Et Claudette de s'insurger : « Le ministère de la Santé ne veut rien faire. On n'a pas l'intention de se taire non plus. » Au total, 180 victimes ont déjà déposé plainte. W