Le conflit des pêcheurs se durcit

Olivier Aballain

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C'est l'engrenage. Les effets du blocage des ports de Boulogne, Calais et Dunkerque se sont fait ressentir sur tout le littoral hier. Les pêcheurs des trois ports paralysent le trafic transmanche depuis mardi après-midi pour demander l'extension des quotas de pêche de cabillaud et de sole, déjà atteints en mars. Aux environ du terminal Transmanche de Calais, la préfecture du Pas-de-Calais avait pris les devants dès mardi en activant son plan « respiration ». Objectif : répartir, en amont du terminal, le stockage des 5 000 camions qui viennent chaque jour pour embarquer vers la Grande Bretagne.

Mais le Tunnel sous la Manche, d'abord épargné, peut aussi nourrir quelques craintes. La CFDT de la compagnie de ferries SeaFrance menaçait hier de bloquer le tunnel, « par solidarité » avec les pêcheurs. Cela permettrait aussi d'éviter la fuite des clients de SeaFrance vers d'autres moyens de transport. « Nous n'avions pas besoin de cela », a déclaré à l'AFP Eric Verckourtre, de la CFDT SeaFrance, qui a annoncé un plan de 650 suppressions d'emploi cette année. Les deux concurrents de SeaFrance, LD Lines et P&O, ont quant à eux choisi la formule offensive : à leur demande, le tribunal de Boulogne-sur-Mer a ordonné le déblocage du port de Calais sous peine d'une astreinte de 1 000 euros par jour, et de Boulogne avec une astreinte de 5 000 euros. « Nous avons l'habitude, mais nous ne pouvons pas bouger », a expliqué Jean Thiébaut, de la CFDT pêche. Une délégation d'une douzaine de représentants des pêcheurs partait rencontrer le ministre Michel Barnier hier soir. Sans trop d'illusions. ■ Lire aussi p. 11