Marie-Noëlle Lienemann: «La mairie était verrouillée par des badges ! On ne pouvait pas rentrer partout»

POLITIQUE L'ex-première adjointe du maire de Hénin-Beaumont réagit à la mise en examen de Gérard Dalongeville...

Entretien avec Vincent Vantighem

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 Marie-Noële Lienemann lors d'une réunion sur la crise financière à Paris, le 4 décembre 2008.
 Marie-Noële Lienemann lors d'une réunion sur la crise financière à Paris, le 4 décembre 2008. — HALEY/SIPA

Comment réagissez-vous aux soupçons de malversations qui pèsent sur Gérard Dalongeville ?

Je suis consternée... Affligée. Le parquet parle de fausses factures. Je n'ai jamais vu passer ça. Si j'avais eu le moindre doute, je serai partie bien avant.

Comment pouviez-vous ne pas être au courant ?

Les rumeurs couraient mais je m'en suis toujours tenue aux faits. Le rapport de la chambre régionale des comptes m'avait bien titillée. Il évoquait le recours permanent du maire aux entreprises extérieures alors que les employés municipaux étaient très nombreux. Mais... Je comprends mieux pourquoi il m'a placardisée.

Mais il y avait un coffre avec du liquide dans le bureau du maire...

La mairie était verrouillée par des badges ! On ne pouvait pas rentrer partout. Et moi, je n'avais accès à rien. En plus, les employés municipaux avaient reçu l'ordre de ne pas parler aux élus...

Que peut-on souhaiter aux Héninois, aujourd'hui ?

Qu'une nouvelle équipe arrive et soit capable de remettre la machine en route. Les habitants d'Hénin ont besoin d'un vrai fonctionnement républicain.

Pourriez-vous prendre des responsabilités dans cette nouvelle équipe ?

Gérard Dalongeville m'a retiré ma délégation. J'ai déposé un recours devant le tribunal pour dénoncer cette décision. On est dans le chaos juridique. Mais j'étais première adjointe ! Et ce n'est pas moi qui ai demandé à partir... ■ Recueilli par Vincent Vantighem

Exclusion
Marie-Noëlle Lienemann, qui a eu des rapports conflictuels avec le maire, avait de refuser de voter le budget lors du conseil municipal du 30 mars.
En réponse, le maire a proposé de lui retirer sa délégation lors du conseil du 6 avril. Elle a été exclue par 22 voix contre 12.