Chez Toyota, les salariés testent une grève d'ampleur

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La mobilisation se maintient à l'usine Toyota d'Onnaing. Le site connaît son premier conflit social d'ampleur depuis 2001. Hier, plus de trois cents salariés (sur 2 700) ont reconduit le mouvement de grève initié vendredi et soutenu par FO et la CGT. Les revendications des grévistes portent notamment sur la prise en charge à 100 % du chômage partiel et l'obtention d'une prime de 1 000 euros. « Le site d'Onnaing a dégagé quatre-vingts millions d'euros de bénéfices en 2008, et le groupe Toyota plus de treize milliards, expliquait hier Eric Pecqueur, délégué CGT. Ils ont quand même de quoi nous payer. » Depuis début février, six jours de chômage partiel ont été appliqués, indemnisés à 60 % du salaire brut. Mais jeudi, le PDG de Toyota France, Didier Leroy, avait indiqué qu'il ne pouvait aller au-delà. Ce qui a mis le feu aux poudres. « Nous sommes prêts à évoluer », a rectifié hier la direction. Laquelle admet, sans les chiffrer, des « répercussions » du mouvement sur les cadences de production tandis que les syndicats avancent le chiffre de 80-85 voitures « perdues » par l'équipe du matin, sur quelque 290 prévues. En attendant, la mobilisation progresse jour après jour, de l'avis des syndicats. « Ce sont souvent de jeunes salariés, peu habitués à la grève. Mais ces jours-ci ils prêtent une oreille plus qu'attentive à nos actions », assure Eric Pecqueur. ■