Les syndicats des 3 suisses pas convaincus

Gabriel Thierry

— 

Les syndicats des 3 Suisses n'ont pas l'impression d'être chouchoutés. Depuis l'annonce, le 11 février, de 674 suppressions de postes chez le n° 2 français de la vente à distance (2 930 salariés) les comités d'entreprise se succèdent. Hier et mardi, patrons et syndicats étaient à nouveau réunis pour examiner le volet économique du plan social. « C'est le quatrième CE où l'on pose des questions sur le plan de relance, compte Fatiha Bouzaoui, déléguée CGT. Qu'est-ce que les 3 Suisses veulent faire ? » « On est confrontés à une direction qui maintient sa position pure et dure », se plaint Naéma Sersou, de la CFDT, opposée, comme la CGT et FO, aux coupes dans les postes.

Le projet des 3 Suisses ? Créer une nouvelle plate-forme au siège, mais fermer les cinq centres d'appel en province, une activité sous-traitée. « Trois pourraient être maintenus quelque temps », plaide la CFDT. « Transferts, départs volontaires : tout est en discussion », tempère la direction, qui veut « trouver une solution pour les salariés » avant octobre. Des prochains mois décisifs : l'entreprise connaîtrait un très mauvais début d'année, pire que 2008, qui avait pourtant terminé sur un trou de 28 millions d'euros.

« C'est on licencie, on externalise et après on réfléchit », ironise la CGT. « Je me pose des questions sur l'avenir à trois ans de l'entreprise », s'alarme Naéma Sersou. Le marathon social se poursuit le 16 avril, avec un nouveau comité d'entreprise. Les syndicats rencontreront les futurs sous-traitants et devraient rendre ce jour-là leur copie sur le plan de relance. Un avis purement consultatif. ■