Naufrage en mer du Nord : Un appel à témoins du parquet de Paris pour identifier les victimes

ENQUÊTE L’enquête ouverte après la mort de 27 migrants en Mer du Nord, notamment des chefs d’homicide involontaire et de traite des êtres humains, sera dirigée par la procureure de Paris. Un appel à témoins est lancé pour permettre l’identification des victimes

Mikaël Libert
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Une embarcation utilisée par des migrants pour traverser le détroit du Pas-de-Calais (illustration).
Une embarcation utilisée par des migrants pour traverser le détroit du Pas-de-Calais (illustration). — Préfecture de la Manche et de la mer du Nord
  • Mercredi dernier, 27 migrants sont morts en Mer du Nord en tentant de rejoindre la Grande-Bretagne.
  • Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances du drame et identifier les victimes.
  • Le parquet de Paris lance un appel à témoins pour aider les enquêteurs dans leurs investigations.

Il y a une semaine se jouait un drame sans précédent en Mer du Nord. En tentant de traverser le détroit du Pas-de-Calais, 27 migrants ont trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation. Cinq passeurs présumés avaient été interpellés dans la foulée sans toutefois que l’on puisse les relier directement à ce drame. Une enquête pour déterminer les circonstances du naufrage a été ouverte par le parquet de Paris qui lance un appel à témoins pour identifier les victimes.

Au cours de la nuit du 23 au 24 novembre, dix-sept hommes, sept femmes, deux adolescents et un enfant sont morts en tentant de rejoindre la Grande-Bretagne. Seuls deux hommes, un irakien et un somalien, ont pu être sortis vivants des eaux froides de la Mer du Nord. Deux jours plus tard, la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO) se saisissait de l’enquête ouverte par la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Lille des chefs « d’homicides involontaires, blessures involontaires, mise en danger de la vie d’autrui, aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger en France en bande organisée, traite des êtres humains en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs », précise le parquet de Paris.

Travail de police scientifique et appel à témoins

Les investigations auront deux buts principaux. Le premier étant de déterminer les circonstances du naufrage et d’identifier les passeurs à l’origine de cette traversée. Le second est d’identifier les 27 victimes. Cette tâche est confiée à l’unité de gendarmerie d’identification des victimes de catastrophes (UGIVC) de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie Nationale.

Les enquêteurs vont déployer tous les moyens pour mener à bien ce difficile travail : « recueil des renseignements ante mortem, obtenus auprès des proches des victimes et des associations en lien avec les naufragés, et post mortem résultant de l’examen des corps et de la mise en exergue d’éléments identifiants (notamment empreintes digitales, relevés dentaires, prélèvements ADN) », précise la procureure de Paris dans un communiqué. Un appel a témoins a été aussi lancé, toute personne disposant d’informations peut contacter l’IRCGN à l’adresse am-ugivc@gendarmerie.interieur.gouv.fr.

A ce jour, les autorités n’ont pas officiellement communiqué sur d’éventuelles victimes identifiées. Pour autant, selon des médias britanniques, les proches d’une jeune femme kurde de 24 ans ont confirmé son décès lors du naufrage.

Mardi, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a confirmé que la France allait prendre en charge l’inhumation des victimes dans les communes prêtes à les accueillir une fois les opérations d’identification terminées.