Roubaix : Une vente aux enchères caritative de grands noms de la mode

SOLIDARITE A la demande de Thomas Vasseur, un créateur de mode nordiste, plusieurs de ses homologues ont accepté de donner des pièces uniques. Les fonds récoltés serviront à acheter des tentes pour les migrants de Calais

Mikaël Libert
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Une création du styliste Thomas Vasseur, organisateur de la vente aux enchères.
Une création du styliste Thomas Vasseur, organisateur de la vente aux enchères. — Thomas Vasseur
  • Thomas Vasseur, un designeur de mode nordiste, s’investit dans l’aide aux réfugiés présents sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais.
  • Il a créé une ligne de vêtements, dont les bénéfices des ventes seront reversés à L’Auberge des migrants.
  • Il a aussi organisé une vente aux enchères de pièces uniques de grands noms, comme Christian Lacroix, pour acheter 1.000 tentes aux exilés.

Enchères stylées et solidaires. Le 11 décembre, une vente aux enchères de pièces de mode sera organisée au Vestiaire, à Roubaix. Les recettes de cet événement, organisé par Thomas Vasseur, un créateur nordiste, seront entièrement reversées à une association caritative œuvrant auprès des migrants du littoral. L’objectif est d’acheter un millier de tentes pour que les exilés puissent se mettre à l’abri cet hiver.

Cela ne fait pas si longtemps que Thomas Vasseur s’intéresse au sort des centaines de réfugiés présents sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais en vue de passer en Grande-Bretagne. Ce jeune créateur de mode, diplômé d’Esmod Roubaix et passé chez Christian Lacroix, a eu le déclic lors du premier confinement. « Je suis retourné sur la Côte d’Opale à cette occasion, avec l’envie de savoir qui étaient ces “migrants” dont on parle », se souvient-il. Cette mesure de confinement lui a renvoyé une réalité en pleine figure : « Pire que d’être confiné chez soi, il y a des gens qui sont enfermés dehors. »

Une centaine de lots

Sur place, il a pris attache avec L’Auberge des migrants, une association qui vient en aide aux exilés présents sur le littoral. Les bénévoles lui ont fait découvrir l’envers du décor, déchirant. Thomas Vasseur ne pouvait plus rester sans s’impliquer davantage. A sa propre marque de vêtements, Voir(e), il ajoute une ligne qu’il baptisera Welcom(e). « Ce sont des pièces comme des sweats, des bonnets, dont le design est inspiré du merchandising des groupes de musique en tournée », explique-t-il. Sauf que, à la place de dates de concerts, ce sont des parcours d’exilés qu’il inscrit au dos de ses vêtements. Les bénéfices issus des ventes de cette ligne, qui sort cette semaine, seront entièrement reversés à l’Auberge des migrants.

Une création du styliste Thomas Vasseur, organisateur de la vente aux enchères.
Une création du styliste Thomas Vasseur, organisateur de la vente aux enchères. - Esmod

Et il ne s’est pas arrêté là. Thomas Vasseur va donc organiser, le 11 décembre, une vente aux enchères dans le but d’acheter 1.000 tentes pour les réfugiés. Ses entrées dans le monde de la mode parisienne lui ont permis d’entraîner avec lui quelques grands noms, à l’instar de Christian Lacroix ou de Justine Clenquet. « Ils ont été sensibles au projet et m’ont donné des pièces à mettre en vente », assure le créateur. Outre les stars, il a pu aussi compter sur des designeurs locaux et des étudiants d’Esmod. En tout, plus d’une centaine de lots seront mis aux enchères.

« S’ils saisissent les tentes, on en achètera d’autres »

Pour parvenir à son but et acheter les 1.000 tentes, Thomas a besoin de dégager 20.000 euros de bénéfice. « Comme je ne sais pas encore à combien sont estimés les lots, j’ai lancé une cagnotte en ligne à côté, reconnaît-il. Si l’on arrive à récolter davantage que la somme nécessaire, le reste servira à acheter des couvertures. »

Pas sûr que son initiative soit du goût des autorités, qui luttent, à grand renfort de démantèlement de camps, contre les « points de fixation » sur le littoral. « S’ils saisissent les tentes, on en achètera d’autres, parce que c’est un drame humain qui se joue là-bas, s’indigne-t-il. Ces abris, c’est le strict minimum que l’on puisse donner à ces personnes. »