Ascoval : L’aciérie nordiste pourrait délocaliser 40 % de son activité en Allemagne

ECONOMIE Les syndicats assurent que l’annonce a été faite mardi par la direction du groupe qui affirme que rien n’a encore été décidé

20 Minutes avec AFP
— 
L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord.
L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord. — F.Lo Presti/AFP

L'aciérie Ascoval de Saint-Saulve projette de délocaliser temporairement 40 % de sa production en Allemagne en raison de la hausse des prix de l’énergie ont assuré mercredi les syndicats de l’entreprise même si le propriétaire affirme qu’aucune décision n’a encore été prise. Cette annonce a été faite mardi par la direction, ont indiqué des représentants de la CGT et de la CFDT.

« Nous n’avons pris aucune décision », a cependant déclaré Ute Engel, la porte-parole du groupe sidérurgique allemand Saarstahl, propriétaire d’Ascoval. « Les prix de l’énergie ont explosé » et le groupe étudie « toutes les options temporaires (…) pour limiter les effets négatifs résultant de cette phase », a-t-elle ajouté. L’entreprise affirme maintenir sa stratégie de développer la production d'« acier vert » à Ascoval.

Une décision prise quatre mois après la reprise de l’aciérie par le groupe Saarstahl

Selon un représentant CFDT, le transfert d’activité doit débuter « fin décembre » et « jusqu’au mois de mars ». « On a connu par le passé des délocalisations temporaires qui sont devenues définitives », a-t-il ajouté.

« Cette décision survient quatre mois après notre reprise » par le groupe Saarstahl, a pour sa part rappelé Cyril Morelle, élu CGT, dans un communiqué. Il craint « des semaines de sous-activité et de chômage pour l’aciérie ». Tandis qu’Ascoval est équipé de fours électriques, l’acier produit par le groupe en Allemagne utilise des hauts-fourneaux alimentés au charbon. « La filière électrique se trouve donc mise de côté pour préférer une filière bien plus polluante, la filière hauts-fourneaux. Une aberration », déplore Cyril Morelle.

Une aciérie de 270 salariés

Le député du Nord et candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a écrit mercredi au ministre de l’Économie Bruno Le Maire pour lui demander « d’intervenir sans délai auprès de l’actionnaire ». Le rachat par Saarstahl de l’aciérie Ascoval à Liberty Steel, en difficulté, avait été validée par la justice le 2 août. Le conseil régional des Hauts-de-France avait abandonné une partie du prêt de 12 millions d’euros accordé à l’aciérie afin de finaliser cette reprise.

Avec 270 salariés, Ascoval produit des « blooms » (barres d’acier) pour Hayange (430 salariés), qui fabrique des rails en acier ensuite destinés aux principaux réseaux ferrés européens, notamment SNCF Réseau et la RATP.