Nord : De la housse de siège au porte-carte grise… Ouikeep ou le bon sens du recyclage

ECONOMIE CIRCULAIRE Depuis un an, Ouikeep, une société basée à Lesquin, récupère et recycle des pièces automobiles neuves, qui sont notamment extraites de véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite

Nicolas Montard
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Leur local, sur le site de Vitamine T, est rempli de matériaux extraits de voitures transformées.
Leur local, sur le site de Vitamine T, est rempli de matériaux extraits de voitures transformées. — Nicolas Montard
  • Chaque année, des véhicules neufs sont transformés par des carrossiers ou entreprises spécialisées. Ils enlèvent banquettes arrière, ceintures, plages arrière, etc.
  • Ouikeep, basée à Lesquin, récupère ces pièces pour les revendre ou les recycler. Et surtout leur éviter la poubelle.
  • Les housses de siège deviennent ainsi des porte-carte grise.

Des housses de siège transformées en pochettes de cartes grises ou en sacoches, de la mousse réutilisée pour des poufs, des clips de ceintures en portemanteau… Chez Ouikeep installée à Lesquin, on a des idées. Et de la matière première.

En 2020, la France a produit un peu plus d'un million de voitures. Sitôt sortis des usines, une partie de ces véhicules sont transformés par des entreprises spécialisées qui les destinent, par exemple, aux personnes à mobilité réduite. Ils sont désossés de toutes les parties inutiles (banquettes et plages arrières, ceintures de sécurité, etc.) et dotés de matériel spécifique.

Revendre ou transformer

Parfois, ces pièces, neuves, sont revendues, souvent, elles sont entreposées avant d’être jetées alors qu’elles sont en parfait état. « Un gâchis », estime Alexandre Mas qui a lancé Ouikeep il y a un an et récupère désormais une partie de ces éléments auprès d’une dizaine de partenaires carrossiers en France. « Là, nous venons de recevoir 15 palettes, soit 45 assises depuis Narbonne », donne-t-il en exemple.

Une partie des équipements qui arrivent jusqu’à Lesquin est désormais revendue via le site Internet de la jeune société. Mais qui achète des sièges arrière de voiture ? « Quelqu’un dont le chien a mangé la mousse du siège, la ceinture, qui a taché sa banquette », énumère le jeune dirigeant de 27 ans. Avantage pour le client : le prix. Une banquette arrière neuve peut coûter 2.000 euros. Sur le site, elles sont commercialisées 200 et 1.500 euros. Une plage arrière va être vendue 50 à 100 euros contre 500 à 700 euros en concession.

Trouver d’autres débouchés de recyclage

Les pièces non revendues, elles, sont recyclées… en circuit très court. Ouikeep s’est installé sur le site du groupe d’insertion Vitamine T à Lesquin. C’est ici, dans l’atelier Confection que les mousses deviennent des pochettes de cartes grises. « Nous avons aussi une mission sociale, c’est un rapport gagnant-gagnant où on contribue à l’emploi local », souligne-t-il. Depuis le début de l’année, 4,1 tonnes de matériaux ont ainsi été revalorisées par la vente, tandis que 10,9 tonnes ont été recyclées.

Alexandre Mas, dont le bureau est une plage arrière reposant sur des tréteaux, ne manque pas de projets pour la suite. Il envisage de trouver d’autres débouchés de recyclage pour les différents éléments (sacoches, pièces en plastique recyclées imprimées en 3D…), mais aussi d’accompagner plus en détail les clients à la recherche de matériel : « Si un entrepreneur de bâtiment veut rajouter trois sièges rabattables dans sa camionnette, nous devons être capables de lui vendre la bonne référence, mais aussi de l’accompagner dans la conception et l’homologation de son véhicule sur la route ».