Hauts-de-France : La région menace de ne plus payer la SNCF si le service TER n’est pas rétabli

TRANSPORTS Un nouveau cap est franchi dans le bras de fer entre les Hauts-de-France et la SNCF, au sujet des TER. La région a lancé un ultimatum au transporteur pour qu’il remédie aux dysfonctionnements, sous peine de suspendre les paiements

Mikaël Libert
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Un TER en gare de Lille Flandres (illustration).
Un TER en gare de Lille Flandres (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • La situation des TER dans les Hauts-de-France semble ne pas s’améliorer.
  • La région exprime son « ras-le-bol » et menace la SNCF de sanctions financières.
  • Un ultimatum a été posé au transporteur pour que la situation soit normalisée d’ici à la mi-novembre.

Les bisbilles entre la région des Hauts-de-France et la SNCF au sujet des TER sont tellement récurrentes que cela pourrait faire l’objet d’un feuilleton. Un nouveau cap a été franchi, ce lundi, lorsque le vice-président en charge des transports, Franck Dhersin, a menacé le transporteur de suspendre les paiements, faute d’un « rétablissement de la situation » rapide.

Que ce soit par mail ou sur les réseaux sociaux, on voit souvent passer des messages exaspérés d’usagers du réseau TER des Hauts-de-France. Les fréquentes remontrances du donneur d’ordre, la région, envers le transporteur, la SNCF, ne sont donc pas basées sur rien. Les principaux griefs sont, « des retards et suppressions de trains récurrents pour des indisponibilités de matériel ou de personnel », affirme Franck Dhersin, dans un communiqué.

Toujours davantage de trains supprimés

Il semble même que les choses ont empiré. Toujours selon des données fournies par la région, le taux de suppression de trains à « bondi en 2021 […] par rapport aux niveaux observés en 2019 ». On nous parle de « 50 % de plus au premier semestre et près de trois fois plus depuis la rentrée de septembre ». Un état de fait que la SNCF ne peut pas nier, le plafond de pénalités pour les suppressions de trains, fixé à 1,8 million d’euros, ayant déjà été atteint en juin.

Pour le donneur d’ordre, la goutte d’eau a été cette annonce faite par la SNCF, mercredi dernier, d’un « allègement d’environ 8 % de l’offre de trains TER Hauts-de-France pendant les vacances de la Toussaint ». Dans son message à la presse pour diffuser la nouvelle, la SNCF n’avait pas justifié cette décision.

Des suppressions « déguisées »

Du coup, la collectivité a décidé de montrer les muscles. La région demande d’abord à la SNCF de « lever sans délai le plafond des pénalités pour les trains supprimés ». Elle estime que les dysfonctionnements ne sont pas payés au « juste prix ». A ce système d’indemnisation, la région veut ajouter les déprogrammations de trains qui sont, pour elle, un « moyen déguisé de normaliser les suppressions ».

Et comme l’autorité régionale n’a d’autre moyen de pression que le portefeuille, un ultimatum a été posé : si la SNCF ne rétablit pas la situation d’ici à la mi-novembre, les Hauts-de-France se réservent le droit de « suspendre les paiements dus à l’exploitant ». Contactée au sujet de cette mesure, la SNCF n’a pas encore donné suite.