Lille : Les « absences » de Sandrine Rousseau, vice-présidente de l’université, ne passent pas inaperçues

POLEMIQUE Un syndicat étudiant reproche à la candidate écologiste d’être trop souvent absente de son poste à l’université, d’autant qu’elle est chargée des problèmes de précarité

Gilles Durand
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Sandrine Rousseau, dans l'attente des résultats du second tour de la primaire écologiste, le 28 septembre 2021.
Sandrine Rousseau, dans l'attente des résultats du second tour de la primaire écologiste, le 28 septembre 2021. — ISA HARSIN/SIPA
  • Une récente campagne d’affichage, sur deux campus universitaires de Lille, a ciblé Sandrine Rousseau, candidate écologiste mais aussi vice-présidente de l’université.
  • Un syndicat étudiant lui reproche son absence alors qu’elle est chargée de la vie des étudiants, qui sont de plus en plus précaires.

« J’ai eu un emploi du temps chargé, mais je n’ai pas été absente. » La réponse de Sandrine Rousseau est cinglante. La récente candidate aux primaires d'EELV, également vice-présidente de l'université de Lille, chargée de la vie quotidienne des étudiants, n’a guère apprécié la récente campagne d’affichage dont elle a été la cible, sur deux campus universitaires.

Le syndicat étudiant Solidaires n’avait pas hésité à publier une « alerte personne disparue », avec sa photo et son âge, lui reprochant « de ne pas s’intéresser aux étudiants depuis plusieurs semaines » et d’avoir déserté son poste pour prendre part à la campagne des primaires écologistes. Campagne au bout de laquelle elle a été battue de justesse par Yannick Jadot pour la présidentielle.

Absences remarquées

« Depuis la rentrée, elle a passé plus de temps sur les plateaux de télévision que dans son bureau de la fac. Elle a délaissé les étudiants qui sont pourtant de plus en plus nombreux à se retrouver dans la précarité », regrette Niel, de Solidarités étudiants. Selon nos informations, son absence a surtout été remarquée lors des 45 Jive (Journée d’immersion vie étudiante) organisées, à la rentrée, dans les différents départements de l’université, alors qu’elle en a la charge.

« C’est vrai que j’ai été très occupée par la campagne électorale durant le mois de septembre, reconnaît l’intéressée. Mais j’ai été présente non-stop à l’université jusqu’à fin juillet. » Dénonçant au passage les méthodes du syndicat : « Utiliser la même affiche que pour les disparitions d’enfants est un procédé abject. Le service juridique de l’université m’a conseillé de porter plainte. Je ne le ferai pas, mais j’ai été très choquée. »

Selon le syndicat, « cette méthode a eu le mérite d’obtenir le rendez-vous » qu’il réclamait « depuis la rentrée ». Rendez-vous qui, néanmoins, n’a pas fait avancer les choses. « Nous demandons à Sandrine Rousseau et au Crous de faire pression pour réquisitionner des logements pour des centaines d’étudiants », souligne Niel. « Je ne suis pas en charge du logement, c’est le Crous », se défend l’écologiste.

« Radicalité de façade »

Mais la tension entre la vice-présidente et le syndicat Solidarités semble être l’arbre qui cache la forêt. Car Sandrine Rousseau n’a visiblement pas que des amis parmi ses collègues universitaires. Hormis ses « absences à répétition », certains lui reprochent une « radicalité de façade », comme le rapporte le site d'informations Médiacités, évoquant notamment sur ses non-prises de position sur l’évolution administrative et financière de l’université.

Dernier exemple en date, la création d’un Etablissement public expérimental (EPE) à Lille, fusion de l’université de Lille et de quatre grandes écoles, pour obtenir des subventions. Projet – considéré comme libéral par une grande partie des universitaires – sur lequel elle n’a jamais manifesté publiquement d’opposition.

« C’est un débat politique et je suis à l’aise avec ça, soutient Sandrine Rousseau. Si j’avais été présidente, c’est une décision que je n’aurais pas prise. Je ne le suis pas. Mais l’université crève de ne pas avoir d’argent et je refuse de prendre la responsabilité de la voir s’enfoncer encore plus. »

Contactée pour savoir comment les absences de sa vice-présidente sont gérées en interne, l’université de Lille n’a pas donné suite.