Lille : Eau, Saint-Sauveur et covoiturage au menu du conseil métropolitain

INSTITUTION Le dernier conseil de la Métropole européenne de Lille a voté plusieurs délibération, notamment au sujet de la production et distribution d'eau, des accès à Lille et de la friche Saint-Sauveur

Mikaël Libert
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La distribution de l'eau le la métropole lilloise restera en délégation de service public.
La distribution de l'eau le la métropole lilloise restera en délégation de service public. — M.Libert / 20 Minutes
  • La distribution de l’eau reste en concession de service public pour la métropole de Lille.
  • Malgré la décision de justice, la MEL a voté une avance de trésorerie pour le projet de la friche Saint-Sauveur.
  • La régulation dynamique de la vitesse et une voie de covoiturage seront expérimentées sur une portion de l'A1.

Le conseil de la Métropole européenne de Lille (MEL) s’est réuni ce vendredi. Parmi les très nombreux dossiers abordés, 20 Minutes fait le point sur trois délibérations relatives à l’eau, la friche Saint-Sauveur et la mobilité, qui ont toutes été votées par les élus.

L’eau de la MEL

Depuis 2016, la production et la distribution d’eau potable dans 66 communes de la métropole étaient gérées de manière différente. Pour la production, les élus avaient fait le choix, à l’époque, de la régie publique. Autrement dit, le service n’était pas confié à un prestataire. Vendredi, il a été décidé de maintenir ce mode de fonctionnement auquel personne ne trouvait à redire.

En revanche, le service de distribution de l’eau était assuré par un prestataire sous la forme d’une concession de service public. Pour certains conseillers métropolitains, notamment ceux du groupe Métropole Écologiste Citoyenne et Solidaire (MECS), il aurait été judicieux de revoir la copie pour adopter, là aussi, un système de régie publique. Le groupe « défend une gestion désintéressée de ce bien commun et s’oppose vigoureusement à l’imposition de la concession de service public », avait déclaré, en amont du conseil, MECS. En vain, le principe de concession a été reconduit.

De l’argent pour le projet Saint-Sauveur

L’une des délibérations présentées par la délégation « aménagement du territoire » concernait la ZAC Saint-Sauveur. Le texte prévoit d’allouer une avance de trésorerie de six millions d’euros pour son aménagement dans « l’hypothèse d’un déblocage juridique ». Un pari sur un avenir incertain pour le projet en question, retoqué la veille par le tribunal administratif de Lille pour des questions de procédure.

« Comment peut-on accorder une telle avance sans savoir où l’on va ? », s’est interrogé l’élu écologiste Xavier Bonnet. « Au jugement succéderont une nouvelle étude d’impact, une nouvelle enquête publique, peut-être de nouveaux recours. Nous n’avons aucune visibilité sur les effets à court ou moyen terme des conséquences du jugement », a-t-il poursuivi. En réponse, pour la majorité, Stanislas Dendievel a répété que le tribunal n’avait pas remis en cause le « caractère d’intérêt général du projet ».

Régulation de vitesse et covoiturage sur l'A1 ?

Dans le volet sur la voirie, la MEL s’est engagée avec l’Etat à mettre en place différentes mesures expérimentales sur une partie de l’autoroute A1 à l’entrée de la métropole. La première consiste à expérimenter la régulation dynamique de la vitesse en fonction de la circulation comme cela se fait déjà sur l'A25 notamment. Des portiques seront installés d’ici la fin de l’année entre Seclin et Lille, dans le sens Paris-Lille, pour indiquer la vitesse à respecter.

La Direction Interdépartementale des Routes (DIR) Nord compte aussi expérimenter « une voie réservée au covoiturage » sur cette même autoroute, a expliqué Bernard Gérard, vice-président à la MEL. Sur la mise en pratique, il n’en a pas été dit davantage, hormis que cela allait coûter près de deux millions à la collectivité et que cette voie serait réservée aux véhicules comptant plus de deux personnes à bord.