Lille : « The Black Lab », le lieu de vie musical fait par des zicos pour des zicos

LOISIRS Des musiciens amateurs locaux ont transformé un ancien entrepôt en un lieu centré autour de la musique. On y trouve tout ce qu’il faut, des salles de répétition à la grande scène pour les concerts en passant par un studio d’enregistrement professionnel

Mikaël Libert
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The balck lab, à Wasquehal, près de Lille.
The balck lab, à Wasquehal, près de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • The Black Lab, écosystème autour de la musique, est installé à Wasquehal, près de Lille.
  • L’endroit dispose d’une grande scène, de studios de répétition et d’enregistrement.
  • Sous peu, un dispositif innovant de programmation va permettre aux groupes de s’inscrire pour des passages live sur la grande scène.

Ils font tout pour la musique. Dans la métropole lilloise, on ne manque pas de salles de concerts, de studios de répétition ou d’enregistrement, de magasins de musique ou encore de restaurants. Ce qu’il n’y avait pas, du moins à grande échelle, c’est un lieu regroupant toutes ces activités. Ce n’est plus le cas depuis l’ouverture de The Black Lab, en août dernier, à Wasquehal, près de Lille.

The Black Lab a posé ses flycases au beau milieu de la zone industrielle de la Pilatrie, aux confins de Villeneuve- d’Ascq, Marcq-en-Barœul et Wasquehal, dans un ancien entrepôt de carrelage. Choix plutôt malin pour un projet 100 % musique, qui évite les conflits de voisinage avec des riverains couche-tôt. A l’origine du concept, on trouve neuf associés, tous musiciens, dont les anciens gérants du LB Lab à Roncq, celui de l’Australian à Lille ou encore un certain « Mic », volé à Autour des rythmes actuels (ARA) et aujourd’hui chargé de la programmation du Black Lab.

Ambiance rock mais ouvert à tous

« On voulait faire un complexe tout en un autour de la musique qui laisserait toute leur place aux groupes amateurs de la scène régionale », explique Mic. L’ambiance y est très rock : du noir, du métal, des chesterfield en cuir, un bar à rallonge, un billard et même un flipper Kiss. Pour autant, au Black Lab, pas de discrimination tant qu’il s’agit de musique : « Il y a beaucoup de groupes pop-rock, c’est vrai, mais on accueille aussi des concerts de reggae, de jazz… », énumère le chargé de la programmation. Vendredi soir, il y avait même un after-work funk.

La salle principale fait office de salle de concert qui peut accueillir 666 personnes debout. Au fond, une grande scène de 30 m2 avec tout ce qu’il faut de matos lumière. La première grosse date payante en mode full, ce sera le 23 octobre avec la venue de Naâman qui jouera en version sound system. « Ce sera le crash test pour voir si la pratique colle avec la théorie », plaisante Mic.

The balck lab, à Wasquehal, près de Lille.
The balck lab, à Wasquehal, près de Lille. - M.Libert / 20 Minutes

Dans une autre partie du bâtiment, les associés ont fait installer 10 studios de répétition équipés chacun d’amplis, d’une batterie, d’une caméra et du nécessaire pour enregistrer le son. Dès l’année prochaine, le Black Lab disposera aussi d’un vrai studio d’enregistrement professionnel permettant des captations en multipistes.

Si la scène est ouverte aux groupes régionaux, voire au-delà, l’idée est vraiment de valoriser les usagers des salles de répétition. « Souvent, pour se faire la main, les groupes amateurs devaient jouer dans les bars. Ici, ils ont une vraie scène pour eux », assure Mic. D’où le projet de lancer un système d’autoprogrammation. « Les mardis, on va faire des soirées ''Good & Local''. Les groupes qui le veulent vont se programmer pour jouer sur la grande scène de manière autonome via une interface Web. La seule condition qu’on leur impose, c’est de pouvoir jouer 40 minutes », poursuit-il. Aucune contrainte sur le style de musique ou la justesse du chant, mais la direction décline toute responsabilité en cas de huées du public.