Lille : Le projet de quartier Saint-Sauveur annulé par la justice

URBANISME Le tribunal administratif a annulé le projet de nouveau quartier Saint-Sauveur, souhaité par la mairie de Lille, pour vices de procédure

Gilles Durand
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Quel avenir pour la friche Saint-Sauveur ?
Quel avenir pour la friche Saint-Sauveur ? — M.Libert / 20 Minutes

Retour à la case départ ? Le tribunal administratif de Lille a annulé, ce jeudi, le projet de nouveau quartier Saint-Sauveur, souhaité par la maire de Lille depuis près de dix ans. Les juges ont relevé des vices de procédure dans les démarches communes de la ville de Lille et de la métropole de Lille (Mel).

Le projet était suspendu depuis trois ans par un référé du même tribunal administratif, faisant suite à un recours de deux associations réfractaires. Il manquait notamment une étude sur la qualité de l’air lors de l’enquête publique. Situé non loin du périphérique, le secteur est déjà soumis à une pollution atmosphérique endémique.

« Inexactitudes et insuffisances »

Cette décision marque-t-elle la fin du projet d’aménagement d’une friche ferroviaire de 23 hectares (46 terrains de football) avec des logements, des bureaux, des commerces, un parc de 3,4 hectares et une piscine olympique ? Ou va-t-elle simplement le retarder ?

Das un communiqué commun, la Mel et la ville de Lille « prennent acte de la décision du tribunal ». « Plus que jamais, nous avons la volonté de faire de notre territoire, une référence du mieux vivre social et écologique, et nous le construirons, comme nous l’avons toujours fait, en concertation avec les habitants », se contentent de répondre les deux collectivités.

De leur côté, les juges se fondent sur « les inexactitudes et insuffisances entachant l’étude d’impact ». La Métropole de Lille avait tenté d’y remédier en organisant une seconde enquête publique dite complémentaire. Tout faux. Le tribunal a estimé qu’elle ne pouvait pas régulariser la première.

« Le projet doit être abandonné »

« La Mel aurait dû d’organiser une nouvelle enquête publique de droit commun, et pas seulement une enquête complémentaire, et prendre, à l’issue de celle-ci, une nouvelle décision déclarant le projet d’intérêt général », explique le tribunal, dans un communiqué. Résultat, la Mel et la ville doivent revoir leur copie.

Les deux associations, qui dénoncent ce projet d’urbanisme, crie victoire. « Et si la ville et la métropole persistent, nous continuerons à nous battre », insistent-elles, annonçant déjà leur contre-projet : la création d’une coopérative agricole et culturelle. « Le projet doit être abandonné, renchérit leur avocate, Me Muriel Ruef. Du moment que l’étude d’impact est jugée insuffisante, on ne peut pas savoir si l’intérêt général existe ou pas ».

« Le manque de sérieux de la ville »

« Cette décision – qui intervient symboliquement en cette Journée nationale de la qualité de l’air – sanctionne le manque de sérieux de la ville dans la prise en compte de la santé de ses habitants. L’impact a été délibérément minimisé », ajoute Lise Daleux, pour le groupe écologiste, aujourd’hui dans l’opposition municipale.

Reste le point crucial sur lequel les juges ne se prononcent pas : le caractère d’intérêt général du projet. Le recours des associations a été écarté « au regard des enjeux environnementaux, en s’appuyant notamment sur les conclusions du commissaire enquêteur qui a émis à deux reprises un avis favorable sur ce projet », lors des enquêtes publiques.