Lille : « Avec Benoît Delépine, on a noué une histoire avec cette région », avoue Gustave Kervern, parrain du festival CineComedies

INTERVIEW Le comédien et réalisateur, Gustave Kervern, est un des deux parrains – avec son compère Benoît Delépine – du festival CineComedies, qui se tient ce week-end à Lille

Propos recueillis par Gilles Durand
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Gustave Kervern, au festival de annes, en juillet 2021.
Gustave Kervern, au festival de annes, en juillet 2021. — Vianney Le Caer/AP/SIPA
  • Le festival CineComedie se tient, à partir de ce jeudi soir et jusqu’à dimanche, à Lille.
  • Les parrains de cette 4e édition sont les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern.
  • Gustave Kervern reconnaît être « tombé amoureux » de la région lors de tournages.

Huit films de Benoît Delépine et de Gustave Kervern à l’affiche. Ce sera le fil rouge du festival Cinecomedies qui démarre, ce jeudi, à Lille, et se termine dimanche. Cette 4e édition aura donc pour parrains les deux réalisateurs iconoclastes du Groland qui viendront présenter une soirée carte blanche, baptisée « Le gros soir » avec des invités surprises, le 2 octobre à l’UGC Lille. Rencontre avec Gustave Kervern.

Qu’est ce qui vous a motivé pour devenir parrain de CineComedies ?

Les deux organisateurs, Jérémie Imbert et Yann Marchet, nous avaient déjà demandé les années précédentes de pouvoir projeter nos films. Comme la comédie c’est notre créneau, avec Benoît, on connaissait le festival de réputation, mais sans plus. On a vraiment sympathisé avec eux. Puis l’idée d’un livre sur nous est venue. Dans la foulée, on a trouvé que c’était bien aussi d’être les parrains.

Justement, comment est née l’idée de ce livre ?

On avait bouclé notre 10e film. On pense avoir fait le tour de la question sur notre façon aventureuse de faire des films, sans préparation, ni lecture préalable avec les acteurs. Quand on nous l’a proposé, on s’est dit que c’était l’occasion ou jamais de raconter toutes les anecdotes de tournages. On a quand même travaillé avec les acteurs les plus fous : Brigitte Fontaine, Benoît Poelvoorde, Gérard Depardieu, Michel Houellebecq et j’en oublie…

C’est un recueil de souvenirs de tournage…

Pas que mais on raconte beaucoup de péripéties avant et pendant les tournages. On réalise nos films sérieusement, sinon ils ne ressembleraient à rien, mais on reste ouverts aux conneries pendant le tournage. Finalement, on apprend constamment sur notre façon de faire des films. J’espère que ce livre donnera envie de faire du cinéma autrement qu’avec les normes fixées par les grosses productions.

Quel est votre lien personnel avec la région Hauts-de-France ?

Un frère de Benoît habite Lille, mais moi je n’ai aucune attache familiale. Je suis né sur l’Île Maurice, très loin d’ici. J’ai découvert la région grâce à Benoît et j’aime beaucoup. Notre premier film Aaltra a été tourné en Picardie. Après il y a eu le festival de Quend plage avec Groland. On a noué une histoire avec cette région. Je suis tombé amoureux de Quend plage et des campings alentour. Dans Murder Party, j’ai eu la chance de jouer au Crotoy avec Eddy Mitchell pendant le confinement. C’était superbe de se retrouver quasiment seul avec lui à l’hôtel des Tourelles du Crotoy.

Quelle est votre comédie de référence ?

Il y en a plusieurs. The Big Lebowski des frères Coen. Après, dans le cinéma français, j’aime aussi l’humour noir de Bertrand Blier et les films de Joël Séria, surtout Les galettes de Pont-Aven*. Jean-Pierre Marielle, c’est mon acteur fétiche.

Ce sont ces films qui vous ont donné envie de faire du cinéma ?

Non. Petit, j’aimais le cinéma mais je ne pensais pas en faire un jour. C’est grâce à un copain belge qui avait travaillé avec Poelvoorde dans C’est arrivé près de chez vous. Il était devenu producteur et nous avait demandés, à Benoît et moi, si on ne voulait pas réaliser un film. On a imaginé un scénario parce qu’on avait envie d’aller boire un coup avec le cinéaste Aki Kaurismäki en Finlande. Ça a donné Aaltra.

Quel réalisateur vous a inspiré, à vos débuts ?

On nous a souvent dit que nos films ressemblaient à ceux de Kaurismäki. Moi, je n’avais jamais vu ses films. C’est Benoît qui connaissait. En fait, on a toujours cherché à ce que nos films ne ressemblent à aucun autre. Dès qu’on trouvait une ressemblance, on éliminait et on repartait sur quelque chose de nouveau. Ce qu’on voulait, c’était des films sans trop de dialogues et sans champ, contrechamp.

* Le film est diffusé lors du festival, vendredi, à 19 h 30, au Majestic.