Coronavirus à Lille : Un vaccin nasal contre le Covid-19 bientôt disponible grâce aux nanoparticules d’amidon ?

EPIDEMIE C’est une start-up lilloise qui expérimente le vaccin nasal anti-Covid, en collaboration avec un laboratoire et l’université de Tours

Gilles Durand
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Illustration du vaccin nasal (à gauche). A droite, le professeur Didier betbeder, patron de la start-up lilloise Vaxinano.
Illustration du vaccin nasal (à gauche). A droite, le professeur Didier betbeder, patron de la start-up lilloise Vaxinano. — Vaxinano
  • La start-up lilloise Vaxinano a adapté son expertise vaccinale au Covid-19 pour participer au développement du vaccin nasal présenté la semaine dernière.
  • Il s’agit d’un vaccin à base de nanoparticules qui peut être administré dans le nez.
  • Les recherches précliniques sur des animaux ont montré des résultats précliniques.

Vaxinano a eu du nez. En adaptant son expertise vaccinale au Covid-19, cette start-up lilloise participe au développement du vaccin nasal présenté la semaine dernière par l’université de Tours et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).

Il s’agit d’un vaccin qui peut être administré dans le nez, avec deux instillations à trois semaines d’écart. Une aubaine pour les personnes qui craignent les piqûres. Les premières études se montrent encourageantes.

« Des résultats précliniques positifs »

En effet, ce vaccin à base de nanoparticules a « démontré des résultats précliniques positifs », souligne, ce mardi, la direction de Vaxinano, dans un communiqué. Même si, pour l’instant, les travaux n’ont été menés que sur des souris et des hamsters et qu’ils n’ont pas encore fait l’objet d’une publication.

« Les premiers résultats sont comparables à ceux déjà obtenus sur notre vaccin expérimental contre la grippe. Cette technologie a aussi déjà confirmé son efficacité pour lutter contre la toxoplasmose mortelle chez les singes », explique le professeur Didier Betbeder, fondateur et directeur général de Vaxinano, installé sur le site d'Eurasanté depuis 2016.

Sur le principe, les nanoparticules d’amidon, fabriquées chez l’industriel nordiste Roquette, permettent au vaccin de traverser directement le mucus. « Pas d’inflammation, ni d’adjuvant, précise Didier Betbeder. Et l’avantage de la voie nasale, c’est que 80 % des infections commencent par là. » Le candidat vaccin doit ainsi permettre de « stimuler la réponse immunitaire et de bloquer la transmission », poursuit-il.

« Absence de toxicité largement prouvée »

Reste à convaincre le grand public de l’absence de nocivité des nanoparticules, ces objets dont la taille est mille fois plus petite que celle d’une cellule humaine et se rapproche de celle d’un virus. « Il faut faire encore beaucoup de pédagogie sur le sujet, mais l’absence de toxicité est largement prouvée par les différentes études menées », assure le professeur Betbeder.

Les quatre partenaires, Vaxinano, l’université de Tours, l’Inrae et le laboratoire BioMap recherchent désormais des financements pour entamer le plus vite possible les premiers essais cliniques sur l’homme. « On espère commencer les études début 2022 pour que le vaccin puisse être mis sur le marché courant 2023 », annonce Didier Betbeder.

La technologie semble intéresser les chercheurs : sept vaccins nasaux contre le Covid-19 sont en phase d'expérimentation dans le monde et, à en croire son directeur général, Vaxinano travaille sur d’autres maladies avec son vaccin nasal.