Lille : Du « couchsurfing » pour les étudiants en galère de logement

SOLIDARITE Une fédération d’étudiants de la métropole lilloise lance un système d’hébergement temporaire pour remédier au manque de logements

Mikaël Libert
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«Le Tiot accueil» permet de prêter son canapé à un étudiant le temps qu'il trouve un logement (illustration).
«Le Tiot accueil» permet de prêter son canapé à un étudiant le temps qu'il trouve un logement (illustration). — G.Varela / 20 Minutes
  • La pénurie de logements étudiants dans la métropole lilloise est aggravée cette année par la fermeture de résidences universitaires en rénovation.
  • Regroupées en fédération, des associations étudiantes lilloises ont lancé un système d’hébergement provisoire d’urgence.
  • Gratuitement, des particuliers mettent une chambre ou leur canapé à disposition des étudiants en galère de logement.

Promotion canapé. Ce n’est pas nouveau, à chaque rentrée universitaire se pose le problème du logement des étudiants. En temps normal, le Crous peine à pourvoir à la demande grandissante. Cette année, c’est encore pire en raison de la fermeture de plusieurs résidences en rénovation. Une fédération d’associations étudiantes a lancé le « Tiot accueil », un dispositif permettant de mettre provisoirement son canapé à disposition des étudiants en galère.

Le Groupement des associations lilloises étudiantes, Galillé, est né au beau milieu de la crise sanitaire du coronavirus, pour réfléchir à des solutions pour tâcher de faire face aux difficultés rencontrées par les étudiants de l’Université de Lille. Le Tiot accueil en est une, partie du constat qu’il manque régulièrement des logements pour les jeunes en études supérieures à Lille. La fédération estime à un millier le nombre de chambres fermées pour cette rentrée universitaire par le Crous. Longtemps pointée du doigt pour des problèmes d’insalubrité, la résidence Galois (636 chambres), sur le Campus Cité scientifique, est fermée pour être réhabilitée. Deux autres bâtiments devant être rendus à l’Université ne sont plus ouverts à la location.

« Il suffit d’une chambre, d’un canapé ou même d’un matelas »

Du coup, c’est un peu la panique : « De manière générale, beaucoup d’étudiants n’ont pas encore de logement pour cette rentrée, nous avons donc pensé à un système d’hébergement d’urgence gratuit pour leur laisser le temps de trouver », explique Marion Fouché en charge de l’innovation sociale et solidaire chez Galillé. La fédération étudiante met ainsi en relation des étudiants en demande avec des particuliers prêts à les accueillir : « Il suffit d’une chambre, d’un canapé ou même d’un matelas par terre. Le but est que les étudiants ne dorment pas dehors », poursuit-elle.

Ce système n’a pas vocation à être pérenne insiste Galillé. « Cela peut être pour une nuit voire quelques semaines, la durée maximum est précisée par l’hébergeur dans sa fiche de renseignement », poursuit Marion Fouché. Un questionnaire qui détaille aussi l’adresse, le couchage mis à disposition. Le demandeur remplira aussi une fiche et, en fonction des compatibilités, il sera mis en relation avec un volontaire. « Notre rôle s’arrête là, aux personnes ensuite de s’entendre », ajoute-t-elle.

Le Tiot accueil s’est inspiré de l’initiative « Un lit pour la nuit », lancée en 2020 par Fé2A, une fédération d’étudiants d’Angers. « Nous avons eu 370 demandes pour une centaine d’hébergeurs l’année dernière. Là, c’est encore davantage avec 170 demandes en une seule semaine », explique Sarah Biche, la présidente de la Fé2A. Cette dernière craint une pérennisation du système : « Il y a un glissement de responsabilité vers une asso étudiante de ce qui devrait être à la charge des autorités », déplore-t-elle. « On ne doit pas être le dernier rempart avant la rue, c’est pour cela que notre action doit s’accompagner de revendications sur la rénovation des résidences étudiantes, la revalorisation des bourses ou des aides à la colocation ». A Lille, les formulaires hébergeurs sont disponibles en ligne. L’ouverture aux demandeurs doit avoir lieu le 20 septembre.