Transpole devra s'expliquer sur la Vidéosurveillance

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Transpole convoqué par la Cnil. Saisie par un syndicat de salariés, la commission informatique et libertés a demandé à la société de transports en commun de justifier l'enregistrement en continu des conversations à bord de ses véhicules. Confirmant une information de Nord-Eclair, Alex Türk, le président de la Cnil, a indiqué, hier, à 20 minutes que la commission « n'a pas été convaincue par les justifications avancées par Transpole pour maintenir un tel enregistrement ». Dans le cadre de la lutte contre l'insécurité sur le réseau, le transporteur avait annoncé en 2007 la généralisation de la vidéosurveillance à bord des métros, trams et bus de la métropole. Les images sont stockées en continu et effacées au bout de 48 h ainsi que le son. « Les possibilités de flicage des salariés sont évidentes », explique Patrick Trinel, contrôleur et délégué CFDT. Pour Alex Türk, « l'enregistrement en continu est inutile, il suffit que le personnel puisse activer l'enregistrement en cas d'agression ». Mais pour Transpole c'est insuffisant. « Parfois le personnel est trop choqué pour réagir, ou alors l'agression est trop rapide. Ensuite, nous ne pourrions pas prouver les faits. » La Cnil a produit un premier avis négatif le 6 janvier. Le transporteur est convoqué fin mai pour exposer de nouveau ses arguments. « Mais je ne vois pas ce qui pourrait changer, prévient Alex Türk. Nous sommes venus constater les faits sur place. » ■Olivier Aballain