de la Prison requise pour le fermier de l'horreur

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« Roger Flas est un danger pour les bêtes qu'il détient et pour les consommateurs. » Le procureur Christophe Delattre a requis, hier, au tribunal d'Avesnes-sur-Helpes, quatorze mois de prison dont quatre mois ferme contre Roger Flas, éleveur à Fourmies, assortis d'une mise à l'épreuve de deux ans, d'une interdiction d'exercer toute activité d'élevage et des dommages et intérêts pour les parties civiles.

« Je ne savais pas, j'ai toujours fait comme ça », s'est défendu le prévenu. L'audience est laborieuse. Les débats s'embourbent dans la masse des délits et infractions : sévices, actes de cruauté contre animal, abandon, détention de cadavres d'animaux, administration irrégulière de médicaments, pollution.

Le tout vidéo à l'appui, d'une ferme dévastée, peuplée de bovins sales et faméliques. Les pattes enlisées dans le lisier. Roger Flas regarde, les yeux dans le vague et le rouge aux joues. Un boucher de la région commente : « Je ne comprends pas comment ces bêtes ont pu être commercialisées pendant dix ans.» Parce que les faits reprochés ne datent pas d'hier. « Vous n'êtes pas un veau de l'année », s'exclame la présidente. L'éleveur avait déjà été entendu en 2000 pour des infractions similaires qui lui avaient valu une interdiction d'exercer. Une interdiction jamais appliquée. « Mes bêtes sont en bonne santé, c'est certain», rétorque Roger Flas. Vincent Demory, avocat de la défense, récuse les actes de cruauté : « On assomme un porc puis on l'égorge. De tout temps, on a procédé ainsi, ce n'est pas de la cruauté». Pour le procureur en tout cas, « les us et coutumes locales ne font jamais bon ménage avec le droit pénal». Délibéré le 5 mai. ■Aurore Malval