Lille : La première année maudite du centre commercial Lillénium

COMMERCE Le dernier né des centres commerciaux lillois fête dans la douleur sa première année d’exploitation. Pour cette surface de 50.000 m², les galères s’enchaînent mais sa directrice reste optimiste

Mikaël Libert
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Le centre commercial Lillénium, à Lille.
Le centre commercial Lillénium, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Après une gestation de plus de 15 ans, le centre commercial Lillénium a ouvert il y a un an.
  • Sa première année d’exploitation a néanmoins été largement perturbée par la crise sanitaire du coronavirus.
  • La directrice de Lillénium estime que le centre n’atteindra pas son rythme de croisière avant « deux ou trois ans ».

Loi de Murphy, scoumoune et mauvais sort. Lillénium, c’est le dernier né des centres commerciaux implantés à Lille intra-muros. Et si l’on a l’impression d’entendre ce nom depuis mille ans, la structure de plus de 50.000 m² n’est pourtant ouverte que depuis un an, jour pour jour. Même si ce paquebot du shopping n’a pas été construit sur un ancien cimetière indien, il aura cumulé les galères jusqu’à ce premier anniversaire, fêté dans la douleur mais aussi dans l’espoir.

C’est au début des années 2000 que le projet d’implanter un centre commercial à Lille-Sud, face au commissariat central de police, a vu le jour. L’idée a fait son chemin et les contours de ce qui devait devenir Lillénium se sont faits plus précis mi-2011. Les travaux devaient même commencer un an plus tard pour une ouverture espérée en 2014… Sauf que rien ne s’est passé comme prévu.

Inauguré en pleine pandémie de coronavirus

Le projet qui sera retenu et construit n’a été finalisé que beaucoup plus tard, et la première pierre a été posée en décembre 2017. Mais le mécanisme s’est de nouveau enrayé. Le chantier, qui devait durer 27 mois, a pris du retard et la date d’inauguration, initialement fixée à novembre 2019, a été repoussée. Celle du 25 août 2020 sera la bonne, sauf qu’entre-temps, le coronavirus est passé par là.

Il y a un an tout pile, l’épidémie laissait un peu de répit à la France et l’ouverture de Lillénium s’est faite en grande pompe et en présence d’une foule impressionnante. Pour autant, le contexte sanitaire ne permettait pas forcément d’être très optimiste pour la suite. Cela s’est vérifié assez rapidement. « Cette première année d’exploitation ne s’est jamais faite dans des conditions normales, entre les confinements, les jauges, les couvre-feux », reconnaît Juliette Schollier, la directrice de Lillénium.

Dans la foulée de l’ouverture, une vague de chaleur a frappé la France, y compris Lille, ce qui a révélé quelques faiblesses de taille dans la conception du centre commercial. Sous l’immense verrière, les températures étaient tout simplement insupportables. Quelques mois plus tard, en hiver, c’est l’exact inverse qui s’est produit, le froid gelant les velléités consuméristes des plus hardis. Du coup, il a fallu entreprendre des travaux pour que cela ne se reproduise plus : « Les périodes de fermetures liées aux confinements nous ont permis de faire des ajustements sans gêner. Contre la chaleur, nous avons commencé à végétaliser, à installer des ventilateurs et des brumisateurs », poursuit la directrice. Pour le froid, seuls les points critiques seront traités une fois qu’ils auront été identifiés : « Mais pas question de chauffer l’ensemble du centre. En hiver, on aura un peu froid, ça ne changera pas », admet Juliette Schollier.

La foi en l’avenir et une diversification étonnante

Sur l’activité au cours des périodes d’ouverture, le centre commercial reste discret et assure ne pas se fixer « pour le moment » d’objectif de fréquentation. Selon la direction, seules trois enseignes, dont deux de restauration, ont fermé leurs portes en un an. « Le taux de commercialisation de la surface est de 90 % et de nouvelles enseignes sont attendues pour la fin de l’année », affirme pour sa part Arnaud Larzet, responsable marketing de Lillénium.

Pour attirer le chaland dans les immenses allées du centre, clairsemées ce mercredi, une politique de diversification plutôt habile est mise en place. En termes d’offre commerciale, on trouve la base : habillement, déco, restauration… Il y a aussi plus inattendu, comme un cabinet d’ophtalmologie, qui draine 200 patients chaque jour, ou encore, à venir, un cabinet dentaire dans lequel exerceront huit praticiens.

Et malgré le contexte, on n’est pas loin de la promesse originelle qui faisait miroiter 900 emplois avec « environ 800 emplois, prestataires dédiés y compris ». Pour l’avenir, la directrice se montre optimiste : « finalement, on ne s’en tire pas si mal. D’ici deux ou trois ans, j’espère que nous aurons atteint notre rythme de croisière », déclare-t-elle. Un espoir que Juliette Schollier s’est toutefois refusé de chiffrer.