Lille

Les pompiers dans la rue pour leurs vieux jours

« Ça devait être une manifestation pacifique, le comportement du préfet a tout fait dérouter. » Les sapeurs-pompiers professionnels civils regrettaient, hier, que leur manifestation se soit tendue, en fin d’après-midi à Lille, après que le préfet délégué

« Ça devait être une manifestation pacifique, le comportement du préfet a tout fait dérouter. » Les sapeurs-pompiers professionnels civils regrettaient, hier, que leur manifestation se soit tendue, en fin d’après-midi à Lille, après que le préfet délégué à la sécurité, Georges Marion, eut refusé de les recevoir. Après un sit-in agité place de la République, les pompiers ont eu quelques vifs échanges avec les forces de l’ordre, un d’eux a même été arrêté pendant deux heures. « Ça les arrange de nous faire passer pour des violents, comme ça, on ne parle pas de nos revendications », lance un manifestant. Ils étaient environ 450 sur le périphérique et dans les rues de Lille, venus de dix départements, pour demander au ministère de l’Intérieur une bonification des points de retraite. « Avec l’accord du 19 mai, M. de Villepin a reconnu que notre métier était dangereux, mais il ne nous accorde pas pour autant de contrepartie », a expliqué Laurent Cauterman, le délégué CGT-Pompiers du Nord. Les pompiers professionnels bénéficient d’un an d’avancement de l’âge de la retraite pour cinq ans de service, dans la limite de cinq ans en d’avancement. « Mais nous voudrions pouvoir capitaliser dix ans, comme c’est le cas pour les professions insalubres, ajoute-t-il. Ça permettrait de gommer les effets négatifs de la réforme des retraites. » Selon lui, cette réforme, obligerait les pompiers à attendre 60 ans pour obenir une retraite à taux plein, contre 55 ans, jusqu’à présent. « Les jeunes commencent bien plus tard que nous à l’époque, continue un major de la caserne d’Amiens. Ce serait de la folie de les faire travailler jusqu’à 60 ans dans ces conditions ! » C. Dijkhuis

suivi La journée d’action nationale a été peu suivie : seuls 2 000 pompiers professionnels civils sur 33 500 ont manifesté, et 6 % de grévistes ont été recensés dans les centres de secours, contre 40 % le 25 février.