Le plasticien Ousmane Sow, en 2001
Le plasticien Ousmane Sow, en 2001 — SIMON ISABELLE/SIPA

CULTURE

Ousmane Sow: «Je veux que ma sculpture dégage de la chaleur»

En 2004, Ousmane Sow avait exposé l'ensemble de ses œuvres près de Lille...

C'était une première mondiale. En 2004, le sculpteur sénégalais Ousmane Sow exposait pour la première fois en intérieur l’ensemble de ses œuvres à la Maison Folie de Mons-en-Barœul, près de Lille.

Vous avez commencé à exposer à 50 ans, alors que vous étiez kinésithérapeute. Était-ce dû à un besoin de vous exprimer ?

C’était simplement la fin d’un cycle et le début d’un autre. Certaines personnes m’ont incité à exposer les fruits de ce travail que je menais depuis longtemps déjà.

Aviez-vous l’impression d’être parvenu à une certaine maturité ?

La maturité en Afrique, on l’acquiert très vite, par la force des choses : la vie est difficile et, dès l’enfance, on est responsabilisé.

Quelle est la source de votre inspiration ?

Le peuple – les peuples africains m’intéressent. Ils me nourrissent, l’Afrique me manque quand je n’y suis pas.

A qui s’adressent vos oeuvres ?

Sénégalais, Japonais ou Français, je veux toucher tout le monde. C’est un parti pris : quel intérêt y a-t-il à parler si l’on n’est pas compris ?

Quel principe appliquez-vous ?

Je conçois mes sculptures pour qu’elles soient expressives. Je veux qu’une chaleur s’en dégage, qu’elles attirent le public. C’est pour cette raison que je travaille beaucoup la matière. D’ailleurs, les gens sont souvent tentés de toucher... Ce qui pose problème.

Les réactions diffèrent, selon le public ?

Enfants, adultes, chacun y voit ce qu’il veut, chacun a une réaction différente. C’est ce qui me plaît.
expo Les créations monumentales d’Ousmane Sow sont visibles au Fort de Mons, la maison folie de Mons-en-Baroeul, à partir de demain et jusqu’au 18 juillet, de 11 h à 18 h. Rens. au 03 20 61 78 90.