Coronavirus à Lille : Un premier patient volontaire recruté pour la recherche d’un traitement

SANTE Les essais cliniques menés par l’Institut Pasteur de Lille pour mesurer un traitement prometteur contre le Covid-19 viennent de commencer

Gilles Durand
— 
La façade de l'Institut Pasteur de Lille.
La façade de l'Institut Pasteur de Lille. — B. Grossmann / IPL

Ça avance tout doucement, mais ça avance. Plus d’un an après avoir cerné un médicament prometteur (le clofoctol) contre le Covid-19, l’Institut Pasteur de Lille annonce, ce lundi, avoir recruté le premier patient dans son essai clinique de phase 2/3. Cette phase vise à « mesurer l’efficacité du clofoctol dans la prise en charge précoce des patients Covid et la prévention de l’hospitalisation », précise Pasteur, dans un communiqué.

Ce médicament est un vieil anti-infectieux « commercialisé en Europe et ayant déjà eu une autorisation de mise sur le marché en France dans une autre indication », souligne encore Pasteur. En juin 2020, la molécule, principe actif du médicament, avait été identifiée, parmi 4.000 autres, comme « particulièrement efficace pour inhiber la réplication du virus contre le Sars-CoV-2 in vitro ».

Essai clinique retardé

Restait à tester ce médicament expérimentalement chez l’homme. L’essai clinique avait été retardé en début d’année pour mesurer des effets secondaires pourtant déjà connus. Depuis le mois d’avril, il a pu, enfin, être mis sur pied. Il est réalisé en ambulatoire par environ 40 médecins généralistes des Hauts-de-France. La molécule doit être administrée sous forme de suppositoire, à raison de deux par jour pendant cinq jours.

Les personnes concernées par cet essai doivent avoir plus de 50 ans, ne pas encore être vaccinées, et présenter au moins un symptôme du Covid-19. L’Institut souhaite recruter « entre 350 et 700 patients » par le biais de médecins généralistes et de laboratoires. Dans l’immédiat, les recrutements ne concernent que les Hauts-de-France, mais « nous cherchons à les étendre à d’autres régions, notamment aux Antilles », a précisé Xavier Nassif, directeur de l’Institut.

Un don de cinq millions

« Cela aurait été plus facile de le faire il y a six mois », mais, en dépit des progrès de la vaccination en France « tout le monde reste motivé, car on ne sait pas comment cette épidémie va se finir », et que « tous les pays n’ont pas le même accès à la vaccination », a-t-il insisté.

L’Institut avait reçu, en octobre 2020, un don de cinq millions d’euros du géant du luxe LVMH pour financer cet essai.