La mairie aux petits soins avec ses quartiers

Gilles Durand

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La mairie prend les devants. A l'heure où le projet de loi sur l'hôpital est en examen, Lille devrait prochainement annoncer la création de dix pôles ressources santé dans chaque quartier lillois d'ici à 2012. Selon nos informations, quatre ou cinq de ces structures pourraient même être mises en service avant la fin de l'année. Pas question de soins, mais plutôt de prévention : la mission de ces pôles santé sera de conseiller et d'orienter les gens, en collaboration avec la maison médicale de garde de l'hôpital Saint-Vincent et certaines maisons médicales privées, comme celle de la rue d'Arras. Des centres de soins regroupant des infirmiers sont aussi à l'étude sur Lille-Sud ou Wazemmes.

Ce projet municipal répond à d'accablants constats en matière de santé publique. « A Lille, le bilan médical scolaire des enfants de 4 ans montre, par exemple, que plus de la moitié souffre de caries », s'inquiète Marielle Rangot, conseillère municipale (PS) déléguée à la Santé.

Pour monter ce réseau, la mairie va s'appuyer sur l'expérience de l'Espace santé du Faubourg de Béthune. Cette structure de quatre salariés, gérée par la Mutualité française, assure depuis douze ans la même mission de prévention. Elle est née d'une initiative nationale lancée par Martine Aubry. La maire de Lille, alors ministre du Travail et de la Santé, avait créé quatorze structures du même type dans toute la France. Seule celle de Lille a perduré.

« Elle s'est inscrite dans un quartier où la santé n'était pas la préoccupation première des gens. Elle a très vite trouvé sa place », explique Farida Abdelhadi, coordonnatrice de l'Espace santé depuis sept ans. Ici, pas de médecin, mais des animateurs santé et un dentiste chargé du dépistage. Dans le schéma sanitaire qui va se mettre en place, le local du Faubourg de Béthune pourrait d'ailleurs coordonner l'ensemble des nouveaux pôles. ■